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Raison suffisante pour devenir athée ! - Arno Schmidt




En guise de représailles  ( comme  si  des  “rétorsions”  ne  suffisaient  pas !) : l'ancienne église ?? Examiner le clocher d'un air scientifique-dégoûté : rien qu'à l’œil nu, on voyait déjà que le point d'intersection des diagonales de son plan rectangulaire ne coïncidait nullement avec la projection de la tige de la coupole : impossible de se fier aux installations de l'Église ! (Tout arpenteur vous le confirmera volontiers : aucun géodésien à l'esprit sain ne choisira, aussi longtemps qu'il a le choix, des clochers d'église pour une triangulation! Abstraction faite des transformations et des réparations (qui compliquent par la suite les choses quand il est nécessaire de retrouver les repères) et des fortes oscillations pendulaires dues aux rafales de vent : essayer voir à l'aide d'un instrument sensible de viser du haut d'un clocher un autre situé 30 kilomètres plus loin : vous avez l'impression d'être assis sur une balançoire ! Et puis, abstraction faite de cela, la plupart des charpentes subissent des déformations considérables au fil des siècles ; par la dessication et l'exposition d'un seul côté aux rayons du soleil ; par les précipitations et une poussée constante sur le côté exposé au vent : une raison suffisante pour devenir athée ! et je poursuivis ma pérégrination en tout bien tout honneur : celui qui sait beaucoup souffre beaucoup !).


Arno Schmidt – Das steinerne Herz – 1956
traduction Claude Riehl – Le cœur de pierre
Tristram - 2002





Flots Fixes #3 - Arno Schmidt














C'en est un de pierre qu'il faudrait avoir - Arno Schmidt // Toshio Saeki 佐伯 俊男


via red lipstick

Japanese, b. 1945, Miyazaki Prefecture, Japan



La lumière qui s'éteint : nous avons doté de souffrance : la lumière “brûle” ; le son “meurt” ; la lune “décline” ; le vent “gémit”, l'éclair “tressaille” ; le ruisseau comme la route “se tortille”. / Mon cœur pompait et vidait la nuit : quelle installation idiote que cette saloperie gluante rouge laque qui doit en permanence tourner et s'engraisser à l'intérieur de nous ! C'en est un de pierre qu'il faudrait avoir, comme chez Hauff. (Le mur là-bas toussotait).


Arno Schmidt – Das steinerne Hertz – 1956
traduction Claude Riehl – Le cœur de pierre – 2002
Tristram – 2002




nature morte #67 - Ed Freeman // Arno Schmidt


Nous sommes aujourd'hui le Samedi 21 Clinamen 142
St Docteur Moreau, insulaire - fête suprême quarte



vivre! : encore merci !




journal des bords - 
section horizontale : [5] fois 3 mètres [+ 4]
les murs joliment peints avec une nouvelle peinture laquée,
[gris & blanc & bleu] : assortis [aux sols]. * 
bonjour,

 * Arno Schmidt - Le cœur de pierre




 

nature morte #54 - Andy Goldsworthy / Arno Schmidt


Nous sommes aujourd'hui le Dimanche 8 Clinamen 142
LA MACHINE À PEINDRE - fête suprême seconde



Andy Goldsworthy - Rain Shadow


dimanche 8 Clinamen 142 

aussitôt nous fûmes encerclés par des noirs (ou des bleus ?)
qui nous opposèrent des mots sangsues et des serpents caoutchouc.*

bonjour, 

* Arno Schmidt - Le cœur de pierre
traduction Claude Riehl





tissé-croisé par la pluie - Arno Schmidt


Arno Schmidt



Dans notre goutte d'eau : un cône métallique bleu vint à ma rencontre ; dans l’œuf de visée 2 obtus noyaux oculaires.

Ensuite un jaune paille : sous la membrane trouble du plasma on divisait de larges cellules, des tentacules pendaient ; ça avait en haut une tête ciliée-ligaturée, teinte Romanoffski ; et passa à côté de moi avec un tic-tac mouillé. Des Volkswagen rotiféraient. Pas loin derrière sur la place dérivait aussi la méduse-pébroc. (Assez, maintenant!).

Nous nous affairions ainsi dans l'azote avec des gestes anaérobies (il y en eut un à l'instant même qui confirma solennellement avec un beau long signe des bras), nous, sur le fond de notre étang d'air, et les arbres oscillaient aquaplantiques. Ma chaussure gauche me regardait froidement avec sa rangée d'œillets.

(L'intelligence paralyse, affaiblit, entrave ? : vous allez être surpris ! : elle rend vif comme un terrier!!).

: « Comptez ! » : (arbres ruisselants aux bras croisés stoïquement) ; mais alors, au dit commandement du vent, ils jetèrent leurs têtes les unes contre les autres ; sur tout le long de la grande route.

La rue faisait des glissades devant moi. Un cheval éploré me regarda à travers des lentilles. Puis je fus contraint de prendre à droite ; comme l'avaient voulu les anciens maçons, dans leur canal de pierre. (La pluie percuta plus doucement mon toit crânien ; le bloodstream golfait ; autour de moi des membres pendaient, se tenaient debout : lorsqu'on “voulait”, un pouce bougeait).

Dans le bourg : colombage noir et rouge ; (à présent soyons systématique : moi, tissé-croisé par la pluie) ; avec des toits doucement effervescents : à certains étaient suspendus des serpents de tôle, courbaient péniblement la gueule et vomissaient, par à-coups, sans répit.

Souvenirs de la poignée de port d'un magasin”. (Il y a bien une “Autobiography of a Pocket-Handkerchief” ; pas assez bon, malheureusement).

Un visage en pelures de patates : sa branche grise rameuse s'empara d'une boîte de lait ; l'orifice-bouche souffla 4 plaquettes de syllabes noires : ”” ; (alors payons ; sur la peau-rouge rongée du comptoir). «  Ohff : zâbitt au bougrue ! » (la localité est donc partagée en un “bout grue” et un “bout huppé” ; intéressant au fond ; la voix mécheuse aussi ; mais c'est pas ainsi qu'on trouvera.  : les coiffeurs ? les aubergistes ?? )





Arno Schmidt – Das steinerne Herz – 1956
traduction Claude Riehl – Le cœur de pierre
Tristram - 2002




Tout le monde peut pas s'appeler Schmidt - Arno Schmidt




Derrière la clôture haute de 6 pieds – du grillage de fil de fer surmonté d'une double rangée de barbelés ; (et puis encore des buissons de thuyas laissés à l'abandon : typique : surtout pas de co-opération !) – était 1 homme tenant à la main un mince tuyau d'arrosage en plastique d'un rouge hideux, debout sur un gazon clairsemé, tondu à la va-vite, (parlez-moi de notre HAMTON-COURT, oui!), et qui aspergeait une rangée de thuyas fraîchement plantés. (Des “occidentalis” cette fois ? Je n'en mettrais pas ma main au feu.) Je me tins d'abord exprès derrière un sapin ; et lui, bien qu'il eût dû entendre l'auto, ne se retournait pas.
(Et attendre. J'étais résolu à faire preuve d'une patience de fer.) –
–. – – / – – –. – – – / . –. – :
: Il régla l'embout ; (on l'entendit à l'eau sifflant différemment). / « Le truc le plus cinglé depuis que Noé fut dans la marine – », l'entendis-je grogner ; (pour les blasphèmes on m'avait prévenu, n'est-ce pas.). / Il souffrait incontestablement de ballonnements ; (à moins que cela ne fût une méchante marque de mépris, mais ce n'est pas ici le lieu d'en décider – la question est si problématique que même moi, aussi souvent que j'y repense, je fluctue dans mon opinion. / Il pencha la tête sur l'épaule et sembla écouter l'écho de ce son méphitique –) :
« Tout le plat pays ronfle – » essaya-t-il sans desserrer les dents. Et pause. Et l'eau qui susurrait. / Puis, quand tomba 1 lointain cri d'oiseau, – : « Lorsque le chant était encore 1 murmure, le coucou s 'appelait Caruso. » (Jolie maxime ! Mais je dois donner un compte-rendu, cantonnons-nous dans ce rôle. Il me parut qu'il était temps de se montrer.) –
– : « Dr Mac Intosh. » –
(Il avait effectivement tressailli un peu : se peut-il tout de même qu'il n'ait pas fait la relation entre notre auto et sa personne?). Me toisa, grognon & sournois ; (et autre chose encore vitrait son regard ; on saura quoi dans un instant). Il réfléchit. Puis il dit, aussi lourdaud qu'impertinent (ce fut là ce mixte qui caractérisa tout notre entretien : comme de temps en temps ce faisait jour dans son regard terne l'expression d'une ruse foudroyante!) –. «  C'est vrai. Tout le monde peut pas s'appeler Schmidt. » Il arrosait ; et détournait ce faisant son regard ostensiblement, comme s'il espérait qu'à présent je m'en irais. Tira aussi le tuyau avec des privautés franchement hunniques un bout plus loin à travers son selfmadeworld. (Et le feuillage aspergé bruissait comme les pages d'un mauvais petit roman expérimental !).


Arno Schmidt - Dr Mac Intosh : Piporakemes !
in Kühe in Halbtrauer - 1964
Vaches en demi-deuil - traduction Claude Riehl
Tristram - 2000





nature morte #47 - estran


Nous sommes aujourd'hui le Vendredi 27 Pédale 142
St VALENS, FRÈRE ONIRIQUE - fête suprême tierce






00:00:15 s
[un éclair/nuit
un éclair=nuit]*

bonjour,

*


 

comme sur un plateau de fruits de mer - Arno Schmidt


Carnaval, Brasil (1980) - Bruno Barbey
via Vivre !



dans le soleil levant ! (Là, bien sûr, c'était plutôt chaotique, comme sur un plateau de fruits de mer ; dans les nuées en haut : l'une agitait son manteau gris, toute grande dame de l'air ; en vêtements d'air. L'autre trafiquait de l'écarlate. La vieille grise smaquillait ; (et son rimmel coula aussitôt : bien fait pour toi!). Ici 1 tordue gisait dans son sang : le soleil rouge lui sortait par=d=rière : (et elle refit bientôt son visage hippocratique ; et je transformai habilement la “bataille de Waddekath” en une sentence ; comme elle les…



Arno Schmidt – Kaff auch Mare Crisium – 1960
traduction Claude Riehl : On a marché sur la Lande 
Tristram - 2005




traque - Arno Schmidt



Silence. Au loin, dans les communaux, le bruit d'un tracteur malingre. On avait le nez d'un ornithorynque. Et le mur était patient comme seule peut l'être une pierre ; de et vers la pierre. – Mais quelque chose n'allait pas ! Mon visage se contracta : ? : Ah ! Là !
Tout doucement – on ne le remarquait qu'au clignotement différent – le gros point brillant tourna dans la serrure de la porte. Tourna : et disparut !
Or je suis toujours long à la détente. En général je suis enfoncé jusqu'à la poitrine dans la jungle des pensées et dois d'abord m'en extirper, me hisser sur la paume des mains – : la clé était partie !
Je bondis ; clenchai et me précipitait par la porte ; tête à droite : rien ! Tête à gauche : la porte d'entrée ne venait-elle pas de retomber dans la serrure ?! Je fis trois pas (je mesure un mètre quatre-vingt-cinq et j'ai de longues jambes!) – et vis disparaître quelque chose de brun vis-à-vis dans le verger. Une main surpuissante me donna un coup dans le dos : sus !
Chasse au brun : les branches m'offrirent une leçon d'escrime dans les règles de l'art, quarte, tierce, seconde latérale. Un soleil douteux tachait partout.
Traque dans les chemins des labours. Après cent mètres nous étions arrivés au bord des rochers, et mon brun se précipitait la tête la première dans les noisetiers. Je dégringolai la paroi en roulé-boulé ; donnai de la souplesse à mes articulations – mondieu, ça allait de plus en plus vite ! – fus roulé dans le ruisselet, collé contre le tronc d'un sapin ; et me rétablis bras écartés : un glissement en contre-haut ; les buissons se mirent à taper sauvagement autour d'eux ; je me ramassai et amortis de tout mon corps le ballon brun ; au visage de fille, à la tête sablonneuse : nous nous sommes tenus ainsi un moment. Le temps de souffler.


Arno Schmidt – Échange de clés
in Histoires – 1955/1959
traduction Claude Riehl
Tristram - 2000





... taisez-vous ... taisez-nous ...





J'embrassai aussi son ventre-mirabelles, concave. Nous tombions de chus en chotements ; nos mains : s'accouplaient ! Je dus d'abord forcer la clôture rouge des bras, écarter un à un ses doigts-branches, avant d'arriver à saisir au bout de mes lèvres la tige fine et courte de sa tomate, elle se mutina, en grandisme mouveté, puis je l'avalai entièrement, elle voulut se soulever en tendre sédition (mais ne le pouvait) ; ainsi elle ne cria qu'une seule fois, tout bas et avec volupté ; ensuite la puissante tenaille des cuisses pinça à nouveau. (Nous nous chevauchions à bride abattue : à travers d'hirsutes forêts enchantées, les doigts broutaient, des bras couleuvraient, des mains voletaient chenapans rouges, (des ongles creusaient des éraflures d'épines), des talons tambourinaient des signaux de pic sous des aigrettes d'orteils, des yeux se languissaient de désir dans toutes les traces de pied, des moules de velours rouge lèvraient au sol avec des effleurements d'ivoire d'où se chamarraient des alphabets, des chuchots suçaient, des jus perlaient, alternativement, haut et bas.)
 Paysage lacustre avec Pocahontas – Arno Schmidt
Traduction Claude Riehl 








Occupé !





Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag IIB, mon retour en France – Casterman 2014

Ulysse – James Joyce – Traduction sous la direction de Jacques Aubert – Jacques Aubert, Michel Cusin, Pascal Bataillard, Patrick Drevet, Bernard Hœpffner, Tiphaine Samoyault, Sylvie Doizelet, Auguste Morel, Stuart Gilbert, Valery Larbaud – Gallimard 2004

Hiver sur les continents cernés – F.J. Ossang Archives Ossang, Volume 1, Revue - Cée 1977-1979 - éditions le Feu sacré

Journal du Blosne – Lucien Suel – Éditions Apogée – 2010

L'enregistré performances / improvisations / lectures – Christophe Tarkos – P.O.L – 2014

SchwarzWeißAufnahme – Fotografien von Arno un Alice Schmidt aus drei Jahrzehnten – Arno Schmidt Stiftung - 2009










un mélange d'unités photos-textes - Arno Schmidt







Le point de départ pour le « calcul » de la première de ces nouvelles formes de prose fut ma réflexion sur le processus du « souvenir » : chaque fois que l'on se souvient d'un quelconque petit ensemble d'expériences, que ce soit « école primaire » ou « un voyage en été » - apparaissent alors en accéléré quelques images très claires (que j'appelle en raccourci : des « photos »), autour desquelles viennent se placer dans la suite du déroulement du « souvenir » des petits fragments explicatifs (des « textes ») : un tel mélange d'« unités photos-textes » est en somme le résultat final de toute tentative consciente de se souvenir.

[…]

Pour le nombre et la longueur des photos et des textes, comme pour leur texture rythmique et verbale, ce qui est déterminant, c'est :


Lignes de mouvements et tempo

des personnages dans l'espace !


Il y a bien sûr une différence fondamentale si, pour un lieu donné,


je dois

le traverser

rapidement


ou si


je peux

tourner autour

lentement.


Dans ce dernier cas on voit le lieu de tous les côtés sous des éclairages nombreux et de plus longues durée ; on « a » chaque fois automatiquement un tout autre « temps », un tout autre rapport avec les personnes rencontrées, avec le destin (ou comme vous voudrez l'appeler).

Par exemple il s'ensuit que dans le premier cas (le déplacement en ligne droite, nécessairement rapide, des « Émigrants ») un nombre de « photos » beaucoup plus grand sera nécessaire pour venir à bout de l'espace parcouru, qui est plus varié ; il s'ensuivra que les prises de vues devront être plus courtes, les phrases elles-mêmes plus hâtives que dans le deuxième des exemples choisis, le « Pocahontas », peint à la manière de Hobema.

Arno Schmidt – Calculs I

in Roses & Poireau

traduction Claude Riehl

Éditions Maurice Nadeau - 1994







* COMMUNIQUÉ *





Alice & Arno



pour cause d'inventaire, de renouvellement de stock & de restes d'émotions

les établissements ©autre hidalgo (franchisés ®Macron) 
seront ben contents de vous retrouver dimanche.


un p'tit verre d'alcool de bois (astringent +++) offerts aux plus offrants 



Arno & Alice
 
 

                                                  krrr. 

 

croyez qu'on a le droit……. – Arno Schmidt







§5. Ce n'est pas non plus selon mon bon vouloir que « j'orchestre » les signes de ponctuation traditionnels : mais bien plutôt selon la façon dont la personne en question a parlé ! J'indique comment elle répartit ses pauses en hésitant, réfléchissant, avec malice : et non comme le prescrit le sieur Duden! Même si ce dernier est 10 fois conseiller privé!

Et les pauses, vues sous cet angle, se classent selon un ordre croissant de durée : d'abord la virgule; puis le point-virgule; le point et finalement le tiret (evt. les tirets); aussi une barre de séparation; et tout à la fin l'alinéa. Conservons cette liberté belle et nécessaire qui nous permettra de formuler avec précision un moment d'hésitation de cette manière :

« oui – euh – : omoijsaipas – – : croyez qu'on a le droit……. »

(Au lieu du stupide prescrit « Oui, je ne sais pas vraiment... » Mais laissons cela : chez le Grand Duc, personne évidemment ne parle comme moi). –

Et qu'en diriez-vous si nous nous habituions aux deux « et »?! : le normal; et le « & » pour p. ex. « le sabre & le goupillon », donc là où nous voudrions exprimer des coordinations fixes-commerciales, stéréo-typées-constipées, antagonistes-ridicules? « Moi & Toi », (+ 9 mois : ça fait trois)




Arno Schmidt – Calculs III

in Roses & Poireau

traduction Claude Riehl

Éditions Maurice Nadeau - 1994



Piscine - Collège de pataphysique / Arno Schmidt


L'ère Pataphysique commence le 8 septembre 1873, qui d'ores en avant prend la dénomination de 1er du mois Absolu An 1 E.P. (Ère ’Pataphysique).

on consultera le calendrier du collège de pataphysique ici





Retranscription - extraits de la vidéo Arno Schmidt, le cœur dans la tête



Gazon coiffé à la brosse avec parterre de fleurs.

Jazz diffusé par de hautes lanternes parleuses.

3 bassins, la mare à marmaille, le non-nageur et en contre-haut, tout à flanc de colline, celui pour les chevronnés. & le bassin de passage, pieds-propres, afférent, très bien.

Le géant-plongeoir blanc, judicieusement effilé, se penchait affectueusement de ses 10 bras déployés.
Arno Schmidt
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes



Alice & Arno Schmidt - photo  Willy & Erika Michels


L'arbre se mit à applaudir & siffler - Arno Schmidt / sabekr




« .....et alors l'homme des cavernes empoigna sa Selma :..... » elle sursauta en piaillant, dans son long costume de velours rouge sombre au petit col blanc dans lequel était fiché le tube de bronze du cou ; hors d'haleine : « Premièrement tu n'as pas le droit de dire Selma !... » (je me ratatinai, conscient de ma culpabilité) : « et alors : quels seraient nos vrais noms ?! » Attenattends - : « Moi Outhoutzé ? » (elle approuva de la tête, de sa face toute ronde de chouette) : « Et toi Poultouké ! » ; un mot comme du pudding au chocolat, et nous testâmes immédiatement si cela était à notre goût : « Poultouké : est-ce qué lou soumon est couit ? » ; et elle me grogna en retour, lugubre : « Pas tout à fouait ! », ça marchait donc. L'arbre solitaire au bord de la route à côté du trou se mit à applaudir et siffler avec un tourbillonnement de feuilles ; ‘ Flèches à dents de serpent ’ imaginai-je comme arme (‘ Serpents à dents de flèches ’, là aussi ça marchait atrocement ; en de funestes entailles). Elle murmurait précisément ce désir-là, et je la freinai aussitôt : « Saurais-tu tanner des peaux d'ours, qu'elles soient molles comme du beurre ? » Elle ne le savait pas ; ne l'avoua cependant pas, au contraire, elle para avec un : « Et toi capturer à mains nues un élan de 20 quintaux ? » Peut-être. « Tch !! » (caustique et incrédule). « Ou découper lentement ton ennemi mortel en rondelles ? » : ses regards tels des poignards d'agathe, allèrent se planter dans le coin d'Osnabrück, visiblement elle pensait à quelqu'un de précis. Mais elle ne renonçait toujours pas, remua ses lèvres, réfléchit - : avec entrain : « Dis, je te ferai des pantoufles en fourrure de loup : des fourrées ! », s 'approcha aussi, séductrice, m'appâtant avec une patience très néolithique. « Et moi je te ferai des bagues en bois de cerf ! » (En homme du monde). Reconnaissante : « Ah oui ! » Et pour le miroir ? : « Ben, qu'est-ce que tu crois : une cupule d'eau du Dümmer ! Ah ces femmes ! » et elle en fut satisfaite. « Et d'où c'est qu'on aura du savon ? » et se suspendit anxieuse devant moi :?. Savon-savon – hn - - - (ha : là : mon Pline ! : « Avec de la cendre de bois et du suif de chèvre ! ». Son regard vide ne trahissait aucune espèce d'enthousiasme ; donc plutôt un certificat de fin d'études avec un « montre peu de disposition pour l'âge de pierre », et nos visages s'attouchèrent, encore un peu plus démoralisés).


Arno Schmidt - Paysage lacustre avec Pocahontas
Traduction Claude Riehl
MAURICE NADEAU – 1994



ils vont nous construire un institut de physique nucléaire - Arno Schmidt





Retranscription - extraits de la vidéo Arno Schmidt, le cœur dans la tête


Au bord de la Darm, il fait 5 degrés au-dessous de 0. Un vent d'est glacial a blanchi les prairies. Les routes, des pistes de course, sont grises. De temps en temps une rafale y balaie une… Une quoi ? Est-ce une fille ? On n'en voit que le cube bien cimenté de son manteau.
De nouveau du raffut dans la Heinrich Strasse, à cause de ce qu'il y aurait encore à raconter mais qu'on n'a plus envie de raconter. À savoir qu'à Darmstadt, en plus du réacteur atomique, ils vont nous construire un institut de physique nucléaire. Bientôt je serais assez chargé de radio-activité pour pouvoir lire la nuit grâce à ma propre auréole. Toujours ça d'économisé !

Arno Schmidt
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes
 

À l'abri sûr des blindés - Arno Schmidt



Photo Arno Schmidt




Retranscription - extraits de la vidéo Arno Schmidt, le cœur dans la tête
 
Premièrement l'endroit. Bargfeld est situé à 20 kilomètres au nord-est de Zehle. 350 habitants, quelques 45 maisons. La route se termine dans la localité même, donc pas de circulation de transit. Un calme absolu garanti, d'ailleurs vérifié par 2 nuitées. Pas d'église. L'école est à l'autre extrémité de l'endroit. Donc cette source phonique est également en quantité négligeable. Les maisons entourent la place du village plantée d'un carré de chênes. C'est la City, avec l'auberge, la pompe à incendie et le flic du coin.

Au nord-est, s'étend la lande sauvage. C'est-à-dire une lande où le randonneur peut s'enliser imperceptiblement dans les marécages, à l'abri sûr des blindés. Dans cette direction, on peut parcourir 50 kilomètres sans apercevoir une seule maison. 
Lune, brume & pluie de premières qualités. 
Quant à l'eau du robinet, impossible, même avec la plus mauvaise volonté, de déceler le moindre arrière-goût de purin.



Arno Schmidt
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes