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un tour à vélo - collège de pataphysique / William S. Burroughs / Denton Welsh


Calendrier pataphysique                                                                    ____________________________________________________________________________

Le 24 Février 2015 est en réalité le
Lundi 2 Pédale 142
St André Marcueil, ascète cycliste
fête suprême quarte


L'ère Pataphysique commence le 8 septembre 1873. 





Denton Welch montre au lecteur la magie des choses ordinaires, car la plupart des expériences qu’il décrit sont banales : une promenade, un goûter, une pêche Melba, la pluie sur un fleuve, la visite chez un antiquaire, l’image sur une boîte à biscuits, un tour à vélo, des larmes d’adolescent...


préface de Soleils brillants de la jeunesse *
 William S. Burroughs - In youth is pleasure - 1945 
Viviane Hamy - 2008




* post-it sur la cafetière #3
merci à Romain Verger pour l'expresso

la perspective oblique des animaux - Val K / Max Blecher





" Parfois je voulais être un chien,       
pour regarder ce monde trempé de la perspective oblique des animaux,       
de bas en haut, en tournant seulement la tête,       
et marcher au plus près de la terre, les yeux fixés au sol,       
me fondre dans la couleur violacée de la boue [...] "       
Max Blecher        


 
 

_@/" : Tu devras être patiente, très patiente, peut-être attendre comme un chien mouillé dans le brouillard, avant que l'escargot ne sorte de sa coquille…

_@/" : Tendrás que ser paciente, muy paciente, tal vez esperando como un perro mojado en la niebla ante el caracol fuera de su concha...

_@/" : You'll have to be patient, very patient, perhaps waiting like a wet dog in the fog before the snail comes out of its shell...






 

comme un western - Emmanuel Régniez


 
Sidney Nolan - 1952 / membrane



Autant le dire tout de suite, il va manquer l’essentiel. Il y aura tout le reste : le gros plan sur les yeux, la goutte qui perle (quel verbe !) sur la tempe, le rictus au bord des lèvres, les (jolis) plis au coin des yeux, le cigare éteint et  mâchonné, le crachat de jus de tabac sur le sol poussiéreux du saloon du bout du monde. Il y aura la chaleur. Il y aura la peur. Il y aura toi et moi. Il y aura une échappée folle et des chevaux galopants. Il y aura un coucher de soleil. Il y aura, aussi, l’odeur de la poudre et de la sueur. Il y aura le bruit du barillet qui tourne, le bruit de la winchester que l’on arme, le bruit des balles et des vitres qui explosent, le bruit des coups de feu, mais il manquera l’essentiel. Il y aura du sang, de l’amour, de la vengeance, il y aura toi et moi, il y aura le bon la brute et le truand, il y aura la veuve éplorée à sauver, (à consoler). Il y aura un duel, il y aura une partie de poker qui tourne mal, il y aura des hommes en pantalons moulants et des femmes à la taille de guêpe, il y aura des bottes sales, de la boue, de la pluie qui tombe sur moi, il y aura un shérif, un bandit, un chasseur de primes, il y aura toi et moi, il y aura une poursuite, infernale ou non, il y aura de l’aventure, du suspens, un orphelin qui veut se venger, des pendaisons, des mandragores, des blessés et des morts, des râles et des cris, des pleurs et des rires, il y aura tout cela, mais il manquera l’essentiel. Il y aura un homme aux colts d’or, un bandit balafré, des indiens, des bisons (comment dit-on bison en anglais ? ), des vautours (ou des condors), des chiens errants, et même un petit chat, dans le saloon perdu au bout du monde. Il y aura du whisky, de la gnôle. Il y aura un piano mécanique, un bandit-manchot, un comptoir, un immense miroir, une call-girl au cœur tendre, un pied-tendre, un jeune homme qui ne sait comment faire, un vétéran qui peut tout expliquer, un alcoolique mais qui sait encore se servir de son arme, de la dynamite, de l’or, toi et moi, des chapeaux qui protègent du soleil, des foulards qui protègent du vent et de la poussière, des vaches aussi, à mener paître et boire. Il y aura tout cela, mais il manquera l’essentiel.

 

Poème Noir - Huilo Ruales Hualca




Le poète c’est l’Autre, dit l’Un. Le poète c’est l’Un, dit l’Autre. Ce qui est certain c’est qu’ils sont deux à faire l’Un. Ce qui est certain c’est qu’ils sont deux à faire l’Autre. Et qu’en général les deux sont en même temps. Mais l’un peut aussi être Un dans son propre temps. Et dans son temps propre l’autre peut être l’Autre. Si bien que lorsque l’un est l’Un, l’Autre ne n’est pas. Et lorsque l’autre est l’Autre l’Un cesse de l’être. Il y a aussi un temps transitoire entre cesser d’être l’Un et devenir l’Autre. Entre cesser d’être l’Autre et redevenir l’Un. Une brèche dans laquelle il n’y a ni l’Un ni l’Autre. Une brèche dans laquelle il n’y a rien ni personne. 

Traduction Aurelio Diaz Ronda