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derrière la vitre




aujourd'hui
  un dessin
  derrière la vitre
  un tout petit dessin

horizon dégagé
  un meuble
  un tout petit meuble
   je le quittais



les réels à prise rapide sont des exercices de style proposés par Raymond Queneau.




déchirue inconnue - lipolepses, lipolexes & lipoclites



à partir d'un épithalame de Georges Perec pour les noces de
Kmar Bendana & Nourredine Mechri, une morale élémentaire.









Slug - Raymond Queneau / Lucien Suel



hommage à la tenace limace à tête de chat de Lucien Suel





Limace pure et sans tache
dont la bave trace dans le dédale des bourraches
son espace tout en surface
limace vorace dont la fringale
ravage la salade automnale
limace âme sagace
semblable aux sargasses humaines
limace brave qui perpétue ta race
vivace malgré la haine du campagnard
limace trisyllabe limace méconnue
il faut te donner un peu d'affection
pour que tu continues paisiblement ton chemin
et que sur ta face s'efface la trace de ton angoisse
et celle de ta bave aussi
sur les soucis


Raymond Queneau – Battre la campagne
Poésie/Gallimard – 1989


Ça bougeait - Raymond Queneau



Raymond Queneau


 
Brusquement saute
une grenouille ? un arbre ? une montagne ?
simplement une colline ?
l'arbre bondit le ruisseau court
la route se déploie
le blé ondoie
les cailloux roulent ou s'envolent
les forêts font des cabrioles
les marais les étangs bouillonnent
un saule qui pleurait éclate
de rire et se dilate
la falaise se remue se gratte
et brusquement
l'homme paraît alors tout s'arrête

tout s'est immobilisé sauf
parfois un mouvement nerveux, involontaire
une branche qui tombe sur une tête
un rocher qui dévale une pente
ou bien simplement un tremblement de terre



Raymond Queneau – Battre la campagne
Poésie/Gallimard – 1989



poème #675839 - Raymond Queneau






Il se penche il voudrait attraper sa valise
pour déplaire au profane aussi bien qu'aux idiots
il se penche et alors à sa grande surprise
il ne trouve aussi sec qu'un sac de vieux fayots

Il déplore il déplore une telle mainmise
quand se carbonisait la fureur des châteaux
nous avions aussi froid que nus sur la banquise
lorsque pour nous distraire y plantions nos tréteaux

Le brave a beau crier ah cré nom saperlotte
le lâche peut arguer de sa mine palôtte
le chemin vicinal se nourrit de crottin

Frère je te comprends si parfois tu débloques
on transporte et le marbre et débris et défroques
le mammifère est roi nous sommes son cousin




Raymond Queneau - Cent mille milliards de poèmes
maquettes de Robert Massin
Gallimard NRF

LA MAIN DE SINGE - Panizza // Jarry



Vous êtes rien bath. Ça me plairait drôlement d’être comme vous. 
Vzêtes drôlement bien roulée. Et d’une élégance avec ça.  

Raymond Queneaud - Zazie dans le métro



Merci à Louis Watt-Owen & La Main de Singe pour les chouettes découvertes ; vous êtes rien bath !





LA MAIN DE SINGE : 



Le Grand Muletier : 
"Le Pape sait tout faire très bien, c'est son métier : 
il est infaillible."

Alfred Jarry, Le Moutardier du pape



Presse-papier - Philippe Harnois


[...]                                        
« Seigneur, j’arrive d’Italie. De Naples. 
J’ai d’horribles choses à te rapporter. »
                                          [...]