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nature morte #86 - Olivia Bee / Allen Ginsberg


Nous sommes aujourd'hui le Samedi 14 Palotin 142
St Équivoque, sans-culotte - fête suprême quarte



aiguillé par vivre!



journal des bords - 
 
Dans ce vaste espace, Murcheson & Hunt,
          millionnaires texans
                  installés dans des gratte-ciel Isolés
                               sur la plaine constellée de lumières *
 
bonjour,
 
* Allen Ginsberg
 
 
 
 
 

nature morte #85 - Phil Bergerson // Blaise Cendrars


Nous sommes aujourd'hui le Vendredi 13 Palotin 142
Esquive de St Léonard (de Vinci), illusionniste -
fête suprême quarte



sur les traces de red lipstick


Birmingham, Alabama, 2006
Phil Bergerson - American Artifacts


journal des bords - 

Caisses oblongues coloriées de rouge ou de bleu clair ou couvertes d'inscriptions dorées
C'est là un genre de marchandise qu'il est interdit de trans-
porter *  

 bonjour,
 * Blaise Cendrars





isokapi #2 - Catulle


Littérature à contraintes

Variation autour de l’okapi & du caviardage.



Le texte-origine :


Egnatius, parce qu'il a les dents blanches, rit à tout propos. Est-on venu voir un accusé sur son banc, tandis que l'orateur excite les larmes, il rit. Gémit-on devant le bûcher d'un bon fils, d'un fils unique, tandis que privée de son soutien, la mère pleure, il rit. En toute occasion, en tout lieu et quoi qu'il fasse, il rit ; c'est manie, contraire, je crois, au bon goût et à l'urbanité. Il faut donc que je te donne une leçon, mon cher Egnatius. Quand tu serais de la capitale, ou de la Sabine ou de Tibur, un Ombrien économe ou un Étrusque obèse, un fils de Lanuvium basané et bien endenté, ou, pour parler aussi de mes compatriotes, un Transpandan, ou enfin d'un pays, quel qu'il soit, où on se lave les dents proprement, même en ce cas je ne voudrais pas te voir rire à tout propos ; car un sot rire est la chose au monde la plus sotte. Mais tu es celtibérien ; en celtibérie, chacun a coutume de prendre le matin ce qu'il a pissé et d'en frotter ses dents et ses gencives rougies ; ainsi plus tes dents sont nettes et plus elles proclament que tu as bu de l'urine.

Catulle – Poésies
traduction Georges Lafaye
Les belles lettres  - 1998




l'isokapi : à partir d'un texte-origine création d'un poème express respectant la stricte alternance consonnes/voyelles & une même longueur de vers.



Ce matin on a gémi

Sot, obèse d'urine

Tibur économe, rit 


Une capitale leçon  





De fermes remerciements à Noel Bernard & Lucien Suel !





Laisser des traces - Mademoiselle De






Sans le vouloir :
laisser des traces

Malgré soi :
des cicatrices

Inconsciente :
rester un peu



reste parfois
des bouts des morceaux des miettes



apparaître
à paraître
à part.
Être.








Quelqu'un est
passé par là

ça palpite encore



Manquer
juste changer un signe
& alors, oui.
Marquer



Être là
à l'endroit exact
au moment où
la lumière arrive

& repartir avec elle



Être une ombre joyeuse
& danser sur les vitres



Laisser tranquille
la poussière
les rides

les marques
du Temps



& l'herbe qui s'allonge
en dessous de nos corps



(regarder mon ombre
caresser les murs
caresser le sol
rejoindre ton ombre)







on est petit
petit poucet

miettes de pain
petits cailloux

grande forêt
petit chemin

perdu un peu
un petit peu


                            texte et photos  Mademoiselle De



exposition des travaux de Mademoiselle De
du 9 au 24 mai - espace des médias & des arts
à Languidic - 56

 


 






nature morte #82 - Charles Pennequin


Nous sommes aujourd'hui le Mardi 10 Palotin 142
St Forficule, Barnabite - fête suprême quarte



via Coline Termash




journal des bords - 

comme lorsque j'avais dix ans et que philippe ou gilles me demandaient comment je faisais pour en avoir autant, j'embrassais véronique sur les jambes dans la renault 16 de madame leleu ou dans la ford granada du père lefebvre, j'embrassais aussi les jambes d'autres filles, comme karine, ou cette autre véronique dont j'ai oublié le visage, il y avait trop de véronique à l'époque, depuis ça s'est un peu calmé,  *


bonjour,






nature morte #81 - Marcus Doyle // Andrea Zanzotto


Nous sommes aujourd'hui le Lundi 9 Palotin 142
Sts Boleslas et Ladislas, polonais - fête suprême quarte



encore merci à Coline Termash


Marcus Doyle - Lanzarote


journal des bords - 

Et maintes fois, j'en suis presque venu
à maudire ces lieux de cinéma
qui, comme plaies, percent jusqu'en rase campagne,
et plus seulement dans les villes et les villages :
à empâter nos rêves * 
 
bonjour,
 
 
* Andrea Zanzotto
 
 
 
 
 

isokapi #1 - Catulle




Littérature à contraintes


Variation autour de l’okapi & du caviardage.




Le texte-origine :

Je me recommande à toi, moi et mes amours, Aurelius. Je demande une faveur modeste : si au fond du cœur tu as jamais souhaité que l'objet de tes désirs restât pur et sans la plus petite tâche, préserve-moi cet enfant de toute atteinte ; je ne parle pas de celles du public , je ne crains pas les passants qui sur une place vont de côté et d'autre, tout occupés de leur affaire ; mais ce qui me fait peur, c'est toi et ta verge fatale aux enfants, innocents ou vicieux. Agite-la partout où il te plaira et tant que tu voudras, lorsqu'elle sera dehors, prête à l'action ; je n'excepte que mon ami ; c'est, je pense un vœu modeste. Si tes mauvais instincts et une folie perverse te poussent, scélérat, à un si grand crime que de t'en prendre par tes manœuvres à notre personne, ah ! alors quel sera ton malheur, ton triste sort ! On t'écartera les jambes et par la porte ouverte on fera courir les raiforts et les muges.

Catulle - Poésies (traduction Georges Lafaye)




l'isokapi : à partir du texte-origine création d'un poème express respectant la stricte alternance consonnes/voyelles & une même longueur de vers. Fougueux, l'isokapi a le cul entre le Cut-Up & le Ready-Made !







De fermes remerciements à Noel Bernard & Lucien Suel !



nature morte #79 - Krista Ashley // Francis Ponge


Nous sommes aujourd'hui le Vendredi 6 Palotin 142
Ste Oneille, gourgandine - fête suprême quarte



vivre! toujours !



journal des bords - 

Prisonniers par leurs racines,
Solides
Mais flexueux sur leurs talons,
Ils font le large autour du précieux * 
 
bonjour,
 
 
* Francis Ponge





nature morte #71 - Isa Marcelli // Noel Bernard


Nous sommes aujourd'hui le Mercredi 25 Clinamen 142
Exit St Goya, alchimiste - fête suprême quarte


via mezza voce





 
journal des bords -
Caressé par le flot roulant sur mes écailles
Louvoierai par delà les liquides murailles
Aux abysses m'offrant en libres fiançailles
*



bonjour,






 

nature morte #68 - Alex Webb // ready made


Nous sommes aujourd'hui le Dimanche 22 Clinamen 142
FÊTE DES POLYÈDRES - fête suprême seconde



PERU. Iquitos. 1993. Festival child dressed as paiche.



journal des bords -
le corps est limité par les faces
une face est limitée par un circuit d'arêtes
une arête joint un sommet à un autre et une face à une autre
les arêtes mises ensemble forment le squelette
un sommet est un point de coin
la nullité est une sorte de non-entité *
bonjour,





 

nature morte #59 - Alexander Gronsky // St Batsal


Nous sommes aujourd'hui le Vendredi 13 Clinamen 142
Nativité de Maldoror, corsaire aux cheveux d'or - fête suprême quarte





 

journal des bords - 
ciel bleu
mouette plane
en falaise abrupte *

bonjour,

Petits animaux fouisseurs dans la maison – Christian Prigent (extraits)



leur bras avec mes triques trombait

et cas. Ceci en isolant

les boucles pubiennes (belles bou-

clés : &). L'cygne en pets rieurs

s'orifice par lequel dans l'ordre in

verse du plumeau, d'ouest en est, on

parviendrait à utiliser la disposition

intérieure de façon matérialiste :

et voilà la méthode mitée.



(froid aigu, dit Jules, soudain

sur les pages dans l'antichambre)



bure rein sang levant les aires,

le dos appuyé contre la chaleur dor

on aimait un trou du palpab- selon

un grand sycomore cernés d'assise suc

hurlant dans les feuillards à laine mo.



Violente saison et tu t'asseois parti

culièrement fendue de ce que démente

la journée avait été brûlant sur l'éc.



l'essieu taché, un vit sage, dans l'

lape meulière : tout cela était possi

dans l'ultramarin entonnoir, encore.

Et sans en avoir l'air essuyée elle

avait à ruiner à la main l'imparfait,

toute perdue de honte et de

plaisir, serrée d'un grand j-

continûment chaud. Tant de choses cou.



Nous débarquons le long du golfe travail

lant une imagination enfantine à ergots

vidangeant quelques lettres parmi les

mécaniques moustachues en vitesse.






Christian Prigent

in La nouvelle poésie française, anthologie – Bernard Delvaille

Seghers - 1974