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Tess keeps Raoul waiting – opéra-bouffe en 5 actes



video-tape avec engin enregistreur de sonorités






libre-adaptation du roman Tess & Raoul de Cécile Delalandre
 
bruitages & mise en ondes Am Lepiq (Monsieuye) - assistant Maurice Roche

photographie & dialogues Lucien Suel






scénario (krrr.)






acte 1





 au pied d'une statue - parc Monceau



> statue de Maupassant (couleurs!)

 
> le chien andalou de Bunuel Luis photo-femme (N&B)



= Tess n'est qu'amour – liquide



on imagine bien le passage à






l'acte 2.0





pendant lequel on ne parvient plus à se concentrer sur la statue





un éclair …… la nuit

un éclair …… la nuit

un éclair …… la nuit




les visions & les auditions de Tess =



> astronautes en couleurs
 

> on entend aussi un son cristallin-joyeux








acte 3





encore dans le parc Monceau !!! mais la nuit...




entrée brutale de l'aveugle !


& c'est

le long cri de Tess =


> reproduction du cri de Münch en N&B. choisir une reproduction de lithographie (gravé dans la pierre, le cri sera plus glaçant !)



et sa course hurlante, éperdue, tout le long du 
chemin ( voix très basse des gros* graviers)






soudain…



hors-champ dans la salle : couinements de portières… (on reconnaît très nettement une portière de Gran Torino!)



c'est l'entracte : ice-cream & caramels mous ! Pas de sodas : les placiers se déplacent sur des skates tout terrain (pas de bol, le drive-in [non ce n'est pas une salle!] est installé dans un champ boueux) = risques de coulures !



 
> photo de spectatrice (on l'appelle Laia Cabrera) dans champ boueux - couleurs : rouge sur marron-gris !!! [hmm-hmm!]







acte 4




entièrement dans le crâne de Tess




grand chahut d'ondes alpha entre les parois

dont seuls des oscillographes peuvent témoignés




> photo shellac





acte -5 [ ça se précise! ]





dans un back-room ou les toilettes du bar du parc Monceau [le choix n'est toujours pas arrêté !]




réveil avec enluminures 


= yeux fous
 


> okkult motion pictures : séance d'hypnose très réussie !




= lèvres avec trop-plein de bière


> photo de mousse verte (appel à témoins / portrait-robot à diffuser très largement)





brutale & surprenante la fin !

C'est l'heure il faut y aller !





> photo end (peu importe le choix, ce sera toujours un soulagement !)






TkRw - les bonus -




* on pourra regarder, à profit, le Tempestaire de Jean Epstein pour s'imaginer la grosseur de l'angoisse ! (vague rumeur sur les banquettes arrières !)



Le rêveur absolu - Léo Malet / Laia Cabrera






Car tout est préférable à l’inaction de la vie telle que vous l’entendez. Rien ne se passe et rien ne passe. Enfin voici les soldats et la lampe muette, la lampe aux fleurs, la lampe du phare, sinistre trou dans la nuit, comme le corbillard est un accroc dans le jour, avec son cortège de pierres tombales, pierres précieuses entre toutes. Ci-gisent un cri d’appel et des hurlements de prairie. Je suis appuyé au pied de l’Étoile Polaire… Je songe, non sans tristesse, aux inondations de larmes, je me souviens avec joie des autodafés de prospectus. Rien n’égale la fraîcheur des plantes, le matin, lorsque l’aube roulant sur des charnières et des charniers chasse le tableau noir astrologique. J’y songerais encore, à ces équations sympathiques, si j’avais le temps de songer. Mais pas plus que la lune les étoiles ne m’intéressent. Rien ne me sollicite, pas plus les métaux que le bois, pas plus les bois que les forêts, les grandes forêts vierges où se rencontrent les lions à crinière d’opale et aux yeux de feu, bataille des couleurs. Qui oserait m’empêcher de mettre le pied sur ce navire qui, de la cale à la corne de mât, halète et soupire, et bat des voiles comme un poisson ? De quelle gare de marchandises est-il originaire, de quel équateur vient-il, ce sinistre marin au faux nez de carton ? Symphonie en rouge. Je suis appuyé contre une bouteille. Je lis mes propres romans, mes poèmes sanglants. Il est temps, je crois, d’aller les écrire.

Léo Malet – Le rêveur absolu – 1930