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La blondeur - Cécile Mainardi




Marilyn Monroe La Rivière sans retour 1954



Même sur une photo noir et blanc, on peut voir blond quelqu’un de blond, disait Wittgenstein, je rajouterais même mort, sur la tête de quelqu’un d’autre, qui se trouverait avoir ton allure quand il marche de dos, et la même texture de cheveux fins et souples que toi. Bruns ou châtains feraient l’affaire. Ta blondeur n’existe pas, c’est moi qui l’ai inventée pour la refléter dans le Tibre, c’est moi qui l’ai inventée pour que les choses aient un reflet, c’est moi qui l’ai inventée pour dire que le Tibre est blond.

Cécile Mainardi, la blondeur

L'immaculée conceptuelle (extrait) - Cécile Mainardi



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cette nuit j’ai passé si longtemps à chercher la durée du poème, que le poème a fini par abandonner tout ce dont il parlait pour ne plus rien dire d’autre que sa durée. C’est la seule chose qu’il puisse maintenant vous offrir, mais si vous acceptez de le lire jusqu’au bout, il vous l’offre entièrement et sans détour, quelque soit l’endroit où il s’arrête de lui-même comme par enchantement – puisque il m’est autant impossible qu’à vous de savoir quand- A défaut de figures, il vous donnera au moins cela, le sentiment d’avoir duré tant de temps, et il faudra juste faire en sorte d’être particulièrement sensible au moment où, étant encore en train de lire, vous ne lirez plus, pour que le sentiment de sa durée vous arrive, sans effort, sans vous concentrer spécialement sur la notion de durée, comme l’éclosion d’un nénuphar de silence. Et si vous êtes surpris autant que je peux l’être en l’entendant s’arrêter, alors peut-être avons-nous réellement une chance de nous rencontrer là. Mais peut-être nous connaissons-nous déjà.

Cécile Mainardi