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La rue file ses légendes – James Joyce



Ainsi la rue file ses légendes tandis que les fanons des baleines à quai tissent les histoires d'une querelle de famille avec un air entendu sur les noms. Le vieux Vico s'est assis dans les aires pour ajuster quelques points de lingerie. Red Rowleys est sorti de son trou pour demander ce qui n'allait pas dans cette course ? Mick na Murrough s'est servi des rigoles pour évacuer la barbe de son visage, les Burke-Lee et Coyle-Finn ont fait amende honorable lorsque Cap et Miss Coolie furent molestés.
Rollo modeste.


James Joyce – Finnegans Wake - 1939
traduction Philippe Lavergne – 1982
folio / Gallimard - 1997




Un homme libelle - James Joyce



Marchand de Concombres, Paris, 1950 - Richard Avedon
Nom d'un nom cet affreux sur le tertre en lanières à lance-pierres en partholon à part seul par joupiter qui peut-il être ? Représente-toi sa barritête de pygmée, visse-moi sa batifolle. Il a les orteils en verrou, les tibias courts, et, vise son spectoral, ses muscles mammaires, c'est très monstrérieux. Il rabâche son déjeuner par un poêle de sa cervelle. On dirait un homme libelle. Il est de mois en mois sur le qui-vif par ici, ce saxon comestible, qu'on soit en genevrier ou fièvrier, marc ou eaubril, ou pendant les courses folles de Versôse et de Glaçôse. Quelle étrange sorte d'homme. Il est évident que c'est lui mon ancêtre. Enjambons ses défenses de feu et ces griffes d'os fendus sans moelle. (Creux!) Il peut nous absurdiquer le pylore qui mène à la colonne d'Hercule. Amène-toi, gros plein de brune, alors moinsieur t'es tout en bassouflé comme les femmes ! Scuze-nous l'ami ! Tu jaspines le danois ? N. Tu jactes le scorvégien ? Nn. T'espagoinsses l'angliche ? Nnnn. Tu phones le Saxo ? Nooo. Tout est clair ! C'est un Juite. Echoquons nos chapeaux, et échangeons verbes forts et faibles entre nous au petit bonheur sur la poupe à-vent de cette crique.


James Joyce - Finnegans Wake
Traduction Philippe Lavergne
Gallimard - Folio - 1997