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Comme ces bêtes qu'on achève - Murièle Modély*
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| Huguette Despault May |
comme ces bêtes qu'on achève
à l'abattoir
je suis coupée en deux
par le milieu
le sexe
les côtes
une oreille pour l'un
une oreille pour l'autre
et les mots à moitié
qui font des bulles
dans ma moitié de bouche
ma moitié de cerveau
qui coule
sur ma moitié de joue
mon corps
ce qu'il en reste
planté
sur une jambe unique
qui tangue qui semble
qui fait semblant
ce grand écart facial
entre deux océans
ma couenne tannée
caisse de résonance
tambour sans peau
contre les os
la musique des longs
couteaux
* Comme dans le cochon, tout est bon chez Murièle Modély.
A consommer sans modération ! Le jarret ci-dessus est débité sur l'étal
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| John Deakin, Bacon with Meat, 1960 |
Ce creuset de feu et de viande vraie - Antonin Artaud
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| John Deakin, Bacon with Meat, 1960 |
Le théâtre vrai m’est toujours apparu comme l’exercice d’un acte dangereux et terrible,
Où d’ailleurs aussi bien l’idée de théâtre et de spectacle s’élimine que celle de toute science, de toute religion et de tout
art.
L’acte dont je parle vise à la transformation organique et physique vraie du corps humain.
Pourquoi?
Parce que le théâtre n’est pas cette parade scénique où se développe virtuellement et symboliquement un mythe
Mais ce creuset de feu et de viande vraie où anatomiquement,
Par piétinement d’os, de membres, de syllabes
Se refont les corps,
Et se présente physiquement et au naturel l’acte mythique de faire un corps.
Le théâtre et la Science.
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