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Raison suffisante pour devenir athée ! - Arno Schmidt




En guise de représailles  ( comme  si  des  “rétorsions”  ne  suffisaient  pas !) : l'ancienne église ?? Examiner le clocher d'un air scientifique-dégoûté : rien qu'à l’œil nu, on voyait déjà que le point d'intersection des diagonales de son plan rectangulaire ne coïncidait nullement avec la projection de la tige de la coupole : impossible de se fier aux installations de l'Église ! (Tout arpenteur vous le confirmera volontiers : aucun géodésien à l'esprit sain ne choisira, aussi longtemps qu'il a le choix, des clochers d'église pour une triangulation! Abstraction faite des transformations et des réparations (qui compliquent par la suite les choses quand il est nécessaire de retrouver les repères) et des fortes oscillations pendulaires dues aux rafales de vent : essayer voir à l'aide d'un instrument sensible de viser du haut d'un clocher un autre situé 30 kilomètres plus loin : vous avez l'impression d'être assis sur une balançoire ! Et puis, abstraction faite de cela, la plupart des charpentes subissent des déformations considérables au fil des siècles ; par la dessication et l'exposition d'un seul côté aux rayons du soleil ; par les précipitations et une poussée constante sur le côté exposé au vent : une raison suffisante pour devenir athée ! et je poursuivis ma pérégrination en tout bien tout honneur : celui qui sait beaucoup souffre beaucoup !).


Arno Schmidt – Das steinerne Herz – 1956
traduction Claude Riehl – Le cœur de pierre
Tristram - 2002





Si ça y est ça y est - James Joyce



Ah.
Il laissa de nouveau pendre sa main.
Ne saurons jamais rien là-dessus. Inutile de chercher. Des boules de gaz qui tournent, qui se croisent, qui passent. Toujours la même ritournelle. Gaz, puis solide, puis monde, puis refroidi, puis coquille vide à la dérive, roc glacé comme ce rocher à l'ananas. La lune. Ça doit être la nouvelle lune à ce qu'elle disait. Je crois que oui.
Il passa près de la Maison Claire.
Voyons. La pleine lune c'était la nuit que nous étions, exactement dimanche quinze jours, c'est nouvelle lune. Nous marchions près de la Tolka. Bien réussie cette lune de Bellevue. Elle fredonnait : Jeune lune de Mai, mon amour nous éclaire. Lui de l'autre côté d'elle. Coude, bras. Lui. Le ve-e-r luisant s'allume, mon amour. Frôlement. Doigts. Demande. Réponse. Oui.
Assez. Assez. Si ça y est ça y est. C'était fatal.



 
James Joyce – Ulysses – 1922
traduction Auguste Morel, Valéry Larbaud,
Stuart Gilbert, James Joyce – 1957
folio Gallimard - 1990





C'en est un de pierre qu'il faudrait avoir - Arno Schmidt // Toshio Saeki 佐伯 俊男


via red lipstick

Japanese, b. 1945, Miyazaki Prefecture, Japan



La lumière qui s'éteint : nous avons doté de souffrance : la lumière “brûle” ; le son “meurt” ; la lune “décline” ; le vent “gémit”, l'éclair “tressaille” ; le ruisseau comme la route “se tortille”. / Mon cœur pompait et vidait la nuit : quelle installation idiote que cette saloperie gluante rouge laque qui doit en permanence tourner et s'engraisser à l'intérieur de nous ! C'en est un de pierre qu'il faudrait avoir, comme chez Hauff. (Le mur là-bas toussotait).


Arno Schmidt – Das steinerne Hertz – 1956
traduction Claude Riehl – Le cœur de pierre – 2002
Tristram – 2002




nature morte #67 - Ed Freeman // Arno Schmidt


Nous sommes aujourd'hui le Samedi 21 Clinamen 142
St Docteur Moreau, insulaire - fête suprême quarte



vivre! : encore merci !




journal des bords - 
section horizontale : [5] fois 3 mètres [+ 4]
les murs joliment peints avec une nouvelle peinture laquée,
[gris & blanc & bleu] : assortis [aux sols]. * 
bonjour,

 * Arno Schmidt - Le cœur de pierre




 

nature morte #56 - Jean Duperray


Nous sommes aujourd'hui le Mardi 10 Clinamen 142
Rémission des Poissons - fête suprême quarte






Le poisson tressautant, ressort d'or minime, sautait sur le carreau, se heurtant au comptoir cherchant le ballon d'eau, prison enfin brisée *

bonjour,

                                                                     * Jean Duperray