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N°44 le mystérieux étranger - Mark Twain



Walerian Borowczyk / Chris Marker - les astronautes



C'était en 1490 – en hiver. L'Autriche était très loin du monde, et endormie ; en Autriche c'était encore le Moyen-Âge, et on pouvait penser qu'elle y resterait à jamais. D'aucuns la plaçaient même des siècles et des siècles en arrière et disaient que d'après l'horloge mentale et spirituelle, c'était encore l'Âge de la Foi en Autriche. Mais ils considéraient que c'était un compliment et pas une insulte, et c'était ainsi qu'on le comprenait, et nous en étions tous très fiers. Je m'en souviens très bien, bien que je n'aie été qu'un gamin ; et je me souviens, aussi, du plaisir que j'en avais.
Oui, l'Autriche était loin du monde, et endormie, et notre village était au centre de ce sommeil, car il était au centre de l'Autriche. Il somnolait paisiblement dans la profonde intimité d'une solitude vallonnée et boisée où les nouvelles du monde venaient à peine déranger ses rêves, et était infiniment satisfait.


[…]


Il disparut et me laissa consterné ; car je savais et j'avais compris que tout ce qu'il avait dit était vrai.

.fin.



Mark Twain – N°44 le mystérieux étranger
Traduction Bernard Hoepffner
souple Tristram – 2014


Les astronautes - Chris Marker & Walerian Borowczyk // Arno Schmidt









….. : «  Là. Regarde voir la Terre - » ; je lui tendis ma longue=vue de poche ; (car elle était justement là=haut dans le ciel, légèrement bouffie, dans le plexiglas.) Il s'empara de la lunette d'un air écœuré . (Et la tint d'une vilaine façon ; un peu comme un homme tient son urètre.....

N'observa la boule cotonneuse que brièvement. / «  Pourquoi en fait n'a=t=on pas le droit de regarder la Terre montante par=dessus l'épaule gauche ? » sinforma=t=il ensuite : « C'est Patterson qui l'a affirmé récemment. » : « Quel freluquet superstitieux ! » dis=je avec mépris ; (plus ça va, plus ils tombent sur de ces idées !). Et Djordch était toujours encore d'humeur sombre ; il faisait une satire sur chaque constellation qu'il arrivait à reconnaître.....

Arno Schmidt – On a marché sur la lune
Traduction Claude Riehl
Éditions Tristram - 2005