Affichage des articles dont le libellé est Thomas Bernhard. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Thomas Bernhard. Afficher tous les articles

Dans la peau de l'autre - Thomas Bernhard



Horace Bristol



Je m'intéresse à peine à mon propre destin, et pour ce qui est des livres, alors pas du tout. Que dites-vous ? Aux traductions ?

Au destin de vos livres à l'étranger.

Je ne m'y intéresse pas du tout, une traduction est un autre livre qui n'a absolument rien à voir avec le texte original. C'est le livre de celui qui l'a traduit. Moi, j'écris en langue allemande. Ces livres-là, on vous les envoie à la maison, soit il vous font plaisir, soit non. Si la couverture est hideuse, ils ne font que vous agacer, puis on les feuillette, voilà tout. Mis à part un autre titre saugrenu, dans la plupart des cas, cela n'a rien de commun avec vos propres livres. On ne peut pas traduire. Un morceau de musique est interprété partout dans le monde conformément à la partition, mais un livre… Dans mon cas, on devrait l'interpréter partout en allemand. Avec mon orchestre.

Thomas Bernhard - Entretiens avec Krista Fleischmann
traduction Claude Porcell
L’Arche Éditeur - 2003
  

Le jour quitte sa chemise - Thomas Bernard





Le jour quitte sa chemise.
Nu, il se dresse sur les remblais
et rameute les oiseaux.
Dans le noir des flaches
croupit sa gueule rouge
cassée par les paysans.
L'herbe me plante ses sagaïes d'ombre
dans la cervelle.

À la fenêtre d'à-côté
un oiseau s'est perché
qui veille sur mes pensées,
jusqu'à ce que le sommeil, brutal,
m'arrache à mes souliers trempés.
 
 

Thomas Bernhard - traduit par L. Watt-Owen © gaffe !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
 
 
L'indispensable Main de Singe de L. W.-O.

pousser vous entendez pousser... Thomas Bernhard





Tout à coup la chute
dans le confort
effrayant
irresponsable
Le monde veut de la distraction
mais il faut le perturber
le perturber le perturber
Où que nous regardions rien
qu'un mécanisme de distraction aujourd'hui
Dans la catastrophe de l'art madame
c'est dans la plus incroyable de toutes les catastrophes de l'art
qu'il faut pousser toute chose
pousser vous entendez
pousser...

Thomas Bernhard, Minetti (2ème scène)
traduction Claude Porcell -
L'Arche éditeur ©


Merci La Main de Singe !