Affichage des articles dont le libellé est Marcel Duchamp. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Marcel Duchamp. Afficher tous les articles

arpège au soleil



Marcel Duchamp




**

apprenti dans le soleil
arpenter dans le soleil
âpres danses du sommeil





Pisser - Baudrillard/Duchamp - Vlado Martek






‘Baudrillard – Duchamp’, 1995




                                        Vlado Martek                  



Oculisme de Précision RROSE SÉLAVY New York - Paris poils et coups de pied en tous genres - Marcel Duchamp



Rrose Sélavy - 1921 - by Man Ray. Art Direction by Marcel Duchamp.


Rrose Sélavy trouve qu'un insecticide doit coucher avec sa mère avant de la tuer ; les punaises sont de rigueur.

Rrose Sélavy et moi esquivons les ecchymoses des Esquimaux aux mots exquis.

Question d'hygiène intime : 
Faut-il mettre la moelle de l'épée dans le poil de l'aimée?

Abominables fourrures abdominales.

Parmi nos articles de quincaillerie paresseuses, nous recommandons un robinet qui s'arrête de couleur quand on ne l'écoute pas.

La mode pratique, création Rose Sélavy : La robe oblongue, dessinée, exclusivement pour dames affligées du hoquet.

La différence entre un bébé qui tète et un premier prix d'horticulture potagère est que le premier est un souffleur de chair chaude et le second un chou-fleur de serre chaude.

Nous livrons à domicile : moustiques domestiques (demi-stock).

Des bas en soie... la chose aussi.

A charge de revanche ; à verge de rechange.

A coups trop tirés.

Litanie des saints :
Je crois qu'elle sent du bout des seins,
Tais-toi, tu sens du bout des seins.
Pourquoi sens-tu du bout des seins?
Je veux sentir du bout des seins.


Opalin ; ô ma laine.
Avoir de l'haleine en dessous.


Un mot de reine ; des maux de reins.

Caleçons de musique (abréviation pour : leçons de musique de chambre)

Le meilleur des savons est le savon aux amendes honorables.

Il faut dire :
La crasse de tympan, et non le Sacre du Printemps.


La bagarre d'Austerlitz.

My niece is cold because my knees are cold.

Daily lady cherche démêlés avec Daily Mail.

Un cinq chevaux qui rue sur pignon.

Une nymphe amie d'enfance.

Ovaire toute la nuit.

Se livrer à des foies de veau sur quelqu'un.

Le système métrite par un temps blenorrhagieux.

Du dos de la cuillère au cul de la douairière.

Paroi parée de paresse de paroisse.

Prendre 1 centimètre cube de fumée de tabac et en peindre les surfaces extérieure d'une couleur hydrofuge.

Aiguiser l'ouïe (forme de torture).

Quand on a un corps étranger entre les jambes, il ne faut pas mettre son coude près des siennes.

Faut-il réagir contre la paresse des voies ferrées entre deux passages de trains ?

Si je te donne un sou, me donneras-tu une paire de ciseaux?

Une boîte de Suédoises pleine est plus légère qu'une boîte entamée parce qu'elle ne fait pas de bruit.

Bains de gros thé pour grains de beauté.

Fossettes d'aisances.

Nous nous cajolions (nounou ; cage aux lions).

M'amenez-y.

Étrangler l'étranger.

Orchidée fixe.

Abcès opulent.

Anemic cinema.

Lits et ratures.

 In Duchamp du signe - pp. 153-157 - Champs Flammarion

Lettre à Jean Crotti - Marcel Duchamp


 
17 août 1952

Tu me demandes mon opinion sur ton œuvre, mon cher Jean. C’est bien long à dire en quelques mots – et surtout pour moi qui n'ai aucune croyance – genre religieux – dans l'activité artistique comme valeur sociale.
Les artistes de tous temps sont comme des joueurs de Monte Carlo et la loterie aveugle fait sortir les uns et ruine les autres. Dans mon esprit ni les gagnants ni les perdants ne valent la peine qu'on s'occupe d'eux. C'est une bonne affaire personnelle pour le gagnant et une mauvaise pour le perdant.
Je ne crois pas à la peinture en soi. Tout tableau est fait non pas par le peintre mais par ceux qui le regardent et lui accordent leurs faveurs ; en d'autres termes il n'existe pas de peintre qui se connaisse lui même ou sache ce qu'il fait – il n'y a aucun signe extérieur qui explique pourquoi un Fra Angelico et un Leonardo sont également "reconnus".
Tout se passe au petit bonheur la chance. Les artistes qui, durant leur vie, ont su faire valoir leur camelotte sont d'excellents commis-voyageurs mais rien n'est garanti pour l'immortalité de leur œuvre. Et même la postérité est une belle salope qui escamote les uns, fait renaître les autres (Le Greco), quitte d'ailleurs à changer encore d'avis tous les 50 ans.
Ce long préambule pour te conseiller de ne pas juger ton œuvre car tu es le dernier à la voir (avec de vrais yeux). Ce que tu y vois n'est pas ce qui en fait le mérite ou le démérite – Tous les mots qui serviront à l'expliquer ou à la louer sont de fausses traductions de ce qui se passe par delà les sensations. Tu es, comme nous tous, obnubilé par une accumulation de principes ou anti-principes qui généralement embrouillent ton esprit par leur terminologie et, sans le savoir, tu es le prisonnier d'une éducation que tu crois libérée­.
Dans ton cas particulier tu es certainement la victime de l"'Ecole de Paris", cette bonne blague qui dure depuis 60 ans (les élèves se décernant les prix eux même, en argent).
A mon avis, il n'y a de salut que dans un ésotérisme – or, depuis 60 ans nous assistons à l'exposition publique de nos couilles et bandaisons multiples. L'épicier de Lyon parle en termes entendus et achète de la peinture moderne­.
Les musées américains veulent à tout prix enseigner l'art moderne aux jeunes étudiants qui croient à la "formule chimique".
Tout cela n'engendre que vulgarisation et disparition complète du parfum originel.
Ceci n'infirme pas ce que je disais plus haut, car je crois au parfum originel mais comme tout parfum il s'évapore très vite (quelques semaines, quelques années maximum) ; ce qui reste est une noix séchée classée par les historiens dans le chapitre "histoire de l'art"­.
Donc si je te dis que tes tableaux n'ont rien de commun avec ce qu'on voit généralement classé et accepté, que tu as toujours su produire des choses entièrement tiennes, comme je le pense vraiment, cela ne veut pas dire que tu aies droit à t'asseoir à côté de Michel-Ange.
De plus, cette originalité est suicidale, dans ce sens qu'elle t'éloigne d'une "clientèle" habituée aux "copies de copistes", ce que souvent on appelle la "tradition"­.
Une autre chose, ta technique n'est pas la technique "attendue". Elle est ta technique personnelle empruntée à personne – par là encore, la clientèle n'est pas attirée.
Evidemment si tu avais appliqué ton système de Monte Carlo à ta peinture, toutes ces difficultés se seraient changées en victoires. Tu aurais même pu créer une école nouvelle de technique et d'originalité.
Je ne te parlerai pas de ta sincérité parce que ça est le lieu commun le plus courant et le moins valable – Tous les menteurs, tous les bandits sont sincères. L'insincérité n'existe pas. Les malins sont sincères et réussissent par leur malice mais tout leur être est fait de sincérité malicieuse.
En 2 mots fais moins de self-analyse et travaille avec plaisir sans te soucier des opinions, la tienne et celle des autres.


Affectueusement
Marcel