Vous ne savez pas, vous autres,
pourquoi ils ne dévorent pas les os de votre tête, et qu’ils se
contentent d’extraire, avec leur pompe, la quintessence de votre
sang. Attendez un instant, je vais vous le dire : c’est parce
qu’ils n’en ont pas la force. Soyez certains que, si leur
mâchoire était conforme à la mesure de leurs vœux infinis, la
cervelle, la rétine des yeux, la colonne vertébrale, tout votre
corps y passerait. Comme une goutte d’eau. Sur la tête d’un
jeune mendiant des rues, observez, avec un microscope, un pou qui
travaille ; vous m’en donnerez des nouvelles. Malheureusement
ils sont petits, ces brigands de la longue chevelure. Ils ne seraient
pas bons pour être conscrits ; car, ils n’ont pas la taille
nécessaire exigée par la loi. Ils appartiennent au monde
lilliputien de ceux de la courte cuisse, et les aveugles n’hésitent
pas à les ranger parmi les infiniment petits. Malheur au cachalot
qui se battrait contre un pou. Il serait dévoré en un clin d’œil,
malgré sa taille. Il ne resterait pas la queue pour aller annoncer
la nouvelle. L’éléphant se laisse caresser. Le pou, non. Je ne
vous conseille pas de tenter cet essai périlleux. Gare à vous, si
votre main est poilue, ou que seulement elle soit composée d’os et
de chair. C’en est fait de vos doigts. Ils craqueront comme s’ils
étaient à la torture. La peau disparaît par un étrange
enchantement. Les poux sont incapables de commettre autant de mal que
leur imagination en médite. Si vous trouvez un pou dans votre route,
passez votre chemin, et ne lui léchez pas les papilles de la langue.
Il vous arriverait quelque accident. Cela s’est vu. N’importe, je
suis déjà content de la quantité de mal qu’il te fait, ô race
humaine ; seulement, je voudrais qu’il t’en fît davantage.
La peau et les os - Georges Hyvernaud
On publiera de belles choses sur
l'énergie spirituelle des captifs. Et on ne dira rien des cabinets.
C'est pourtant ça l'important. Cette fosse à merde et ce méli-mélo
de larves. Toute l'abjection de la captivité est là, et l'Histoire,
et le destin. En voilà un bouquin que j'aurais aimé écrire. Bien
simplement, bien honnêtement. Un bouquin désolant, qui aurait
l'odeur des cabinets et il faudrait que chacun la sentît et y
reconnût l'odeur insoutenable de sa vie, l'odeur de son époque. Et
que toute l'époque lui apparût comme une mélasse d’êtres sans
pensée, sans squelette, grouillant dans les cabinets, comme nous,
s'emplissant et se vidant avec gravité, sans fin et sans but. Et que
le sens, le non-sens de l'époque fût là-dedans, visible, lisible,
incontestable.
Georges
Hyvernaud – La peau et les os
Éditions
du Scorpion - 1949
Aux étalages - Berthe Bernage
Jadis, il était de mauvais ton pour
une jeune femme de s'arrêter aux étalages. À présent, nous
pouvons admirer à notre aise les charmantes vitrines que les
commerçants des grandes villes ornent avec un art véritable ;
bien entendu, nous éviterons les gravures, les statues peu
convenables, les étalages de journaux illustrés.
Berthe
Bernage
Le savoir-vivre & les usages du monde
Éditions
Gautier-Languereau - 1931
poème #675839 - Raymond Queneau
Il
se penche il voudrait attraper sa valise
pour
déplaire au profane aussi bien qu'aux idiots
il
se penche et alors à sa grande surprise
il
ne trouve aussi sec qu'un sac de vieux fayots
Il
déplore il déplore une telle mainmise
quand
se carbonisait la fureur des châteaux
nous
avions aussi froid que nus sur la banquise
lorsque
pour nous distraire y plantions nos tréteaux
Le
brave a beau crier ah cré nom saperlotte
le
lâche peut arguer de sa mine palôtte
le
chemin vicinal se nourrit de crottin
Frère
je te comprends si parfois tu débloques
on
transporte et le marbre et débris et défroques
le
mammifère est roi nous sommes son cousin
Raymond Queneau - Cent mille milliards de poèmes
maquettes de Robert Massin
Gallimard NRF
Merdre !
Dunbar
Les trois hommes libres
Nous sommes les hommes libres, et voici notre caporal. - Vive la
liberté, la liberté, la liberté ! Nous sommes libres. -
N'oublions pas que notre devoir, c'est d'être libres. Allons moins
vite, nous arriverions à l'heure. La liberté, c'est de n'arriver
jamais à l'heure – jamais, jamais ! Pour nos exercices de
liberté. Désobéissons avec ensemble… Non ! Pas ensemble :
une, deux, trois ! Le premier à un, le deuxième à deux, le
troisième à trois. Voilà toute la différence. Inventons chacun un
temps différent, quoique ce soit bien fatigant. Désobéissons
individuellement – au caporal des hommes libres !
Le caporal
Rassemblement !
Ils se dispersent.
Vous, l'homme libre numéro trois, vous me ferez deux jours de salle
de police, pour vous être mis, avec le numéro deux, en rang. La
théorie dit : Soyez libres ! - Exercices individuels de
désobéissance… L'indiscipline aveugle et de tous les instants
fait la force principale des hommes libres. - Portez… arme !
Les trois hommes libres
Parlons sur les rangs. - Désobéissons. - Le premier à un, le
deuxième à deux, le troisième à trois. - Une, deux, trois !
Le caporal
Au temps ! Numéro un, vous deviez poser l'arme à terre ;
numéro deux, la lever la crosse en l'air ; numéro trois, la
jeter à six pas derrière et tâcher de prendre ensuite une attitude
libertaire. Rompez vos rangs ! Une, deux ! Une, deux !
Ils se rassemblent et sortent en évitant de marcher au pas.
Alfred Jarry – Ubu
enchaîné
Acte I – scène II
Folio Gallimard - 2008
À l'abri sûr des blindés - Arno Schmidt
Photo Arno Schmidt
Premièrement l'endroit. Bargfeld est situé à 20 kilomètres au nord-est de Zehle. 350 habitants, quelques 45 maisons. La route se termine dans la localité même, donc pas de circulation de transit. Un calme absolu garanti, d'ailleurs vérifié par 2 nuitées. Pas d'église. L'école est à l'autre extrémité de l'endroit. Donc cette source phonique est également en quantité négligeable. Les maisons entourent la place du village plantée d'un carré de chênes. C'est la City, avec l'auberge, la pompe à incendie et le flic du coin.
Au nord-est, s'étend la lande sauvage.
C'est-à-dire une lande où le randonneur peut s'enliser
imperceptiblement dans les marécages, à l'abri sûr des blindés.
Dans cette direction, on peut parcourir 50 kilomètres sans
apercevoir une seule maison.
Lune, brume & pluie de premières
qualités.
Quant à l'eau du robinet, impossible, même avec la plus
mauvaise volonté, de déceler le moindre arrière-goût de purin.
Arno Schmidt
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes
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Bargfeld
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lande
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marécage
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Nicole Taubes
,
Oliver Schwelm
,
Pascal Holtzer
,
traduction
,
Zehle
Journal d'un chien - Oskar Panizza
Novembre
L'univers
en gésine rugit comme un vortex. L'outre n'en veut plus et se
révulse.
Les
feuilles des arbres prennent une couleur jaune fromageux et tombent.
Les arbres stupéfiés dans la déréliction brandissent vers le ciel
des mains noires et glabres. L'air n'est rien plus qu'une poix
lactescente en suspens dans le vide. Les volatiles vocifèrent. La
lune n'a plus sa fraîcheur ni son éclat, et son mufle fouit la glu
molle. Les rus et les rivières gargouillent sous une chape mate. Le
soir dans les champs une épaisse vapeur macère en un saindoux
verdâtre où la lune, un peu patraque, se vautre avec prédilection.
Le bétail beugle pitoyable et désemparé tandis que les hommes
eux-mêmes ont perdu de leur frénésie. Leurs lèvres sont pincées,
parcheminées et intraitables. On ferme les portes et les volets. Le
soir, le vent s'abat sur nous et charrie la terreur, la faim et la
mort.
L'univers
se prépare un caisson pour muer. Je subodore enivré une sciure
létale.
Oskar
Panizza - Journal d'un chien
Traduction
Claude Riehl
Plasma
– 1983
mieux vaut ne pas examiner le reste, défaillant - Arno Schmidt
Le cœur dans la tête
Film de Oliver Schwelm. Musique de Pascal Holtzer.
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes.
Film de Oliver Schwelm. Musique de Pascal Holtzer.
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes.
Emission TV « Titel, Thesen,
Temperamente » - 1973
Comptant sur la chance, nous nous
sommes postés devant
cette maison. Pour ce qui est d'Arno Schmidt,
il ne se montre pas. La maison est cachée par la verdure et entourée
de barbelés. Pas de sonnette. Inutile de téléphoner.
Retranscription - extraits
" [...] L'artiste n'a qu'une alternative :
exister en tant qu'homme ou en tant qu’œuvre. Dans le second cas,
mieux vaut ne pas examiner le reste, défaillant [...] "
" [...] Quand on enferme des grandes araignées
dans un bocal, une persistante tradition populaire rapporte qu'elles
s'engagent aussitôt dans une lutte à mort, au point de
s'entre-dévorer jusqu'à la dernière survivante, la plus féroce.
Ce sont donc vraiment de sales bêtes envers leurs congénères,
farouchement jalouses de leur solitude. En même temps tissant des
toiles fabuleuses, elles sont d'incontestables artistes, si
répugnantes que nous apparaissent leurs mœurs, ou plutôt leurs
mœurs contre nature. J'ose avancer que tout grand écrivain, et dans
une mesure directement proportionnelle à son importance, fut
pareillement, au sens bourgeois du terme, un individu sans amis ni
sociabilité [...] "
" [...] Un bon écrivain ne doit avoir ni ami,
ni patrie, ni religion. Il y a là sûrement de quoi choquer le
lecteur, mais ça signifie simplement que : si j'ai un ami, je
pourrais être induit à altérer la vérité, qu'au-dessus de la
patrie, il y a au moins encore une chose : l'humanité. Et que
si je me réclame d'une religion, je suis incapable de comprendre les
peuples suivant d'autres croyances. Autrement dit, cette formule
choquante signifie que l'écrivain doit être objectif, une sorte de
miroir du monde [...] "
" [...] Je dois dire que le fossé se creuse
entre moi et les… Je ne sais pas s'ils sont vraiment jeunes. Je
suis heureux d'apprendre que mon public vieillit avec moi. Il y a une
chose qui me chagrine : notre jeunesse ouest-allemande, c'est
différent à l'est, notre jeunesse ne sait plus ce que sont le
travail et la discipline. Je crois qu'il y a un malentendu. Ils
veulent tous… Ils sont ambitieux, ils veulent être célèbres, ils
veulent réussir, mais… il faut payer de sa personne pour accomplir
de grandes choses et ils n'en ont pas conscience [...] "
Arno Schmidt
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes
Version française Laurent Szabo & Nicole Taubes
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Nicole Taubes
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Oliver Schwelm
,
Pascal Holtzer
Dans la peau de l'autre - Thomas Bernhard
Horace Bristol
Je m'intéresse à peine à mon propre
destin, et pour ce qui est des livres, alors pas du tout. Que
dites-vous ? Aux traductions ?
Au destin de vos livres à
l'étranger.
Je ne m'y intéresse pas du tout, une
traduction est un autre livre qui n'a absolument rien à voir avec le
texte original. C'est le livre de celui qui l'a traduit. Moi, j'écris
en langue allemande. Ces livres-là, on vous les envoie à la maison,
soit il vous font plaisir, soit non. Si la couverture est hideuse,
ils ne font que vous agacer, puis on les feuillette, voilà tout. Mis
à part un autre titre saugrenu, dans la plupart des cas, cela n'a
rien de commun avec vos propres livres. On ne peut pas
traduire. Un morceau de musique est interprété partout dans le
monde conformément à la partition, mais un livre… Dans mon cas,
on devrait l'interpréter partout en allemand. Avec mon orchestre.
Thomas Bernhard - Entretiens avec Krista Fleischmann
traduction Claude Porcell
L’Arche Éditeur - 2003
traduction Claude Porcell
L’Arche Éditeur - 2003
Maïakovski, une sorte de monument déjà tout fait - Elsa Triolet
Elsa TRIOLET parle du poète Maïakovski
Et bien, c'était un homme, donc très
grand. Moi je passais facilement sous son bras comme sous un arc de
triomphe et très large d'épaules. Il avait une assez grosse tête.
Il avait des yeux de chien, vous savez, des yeux, des bons yeux, à
ses bons moments. Il avait une très forte bouche et une grosse
mâchoire. Il avait une tête tellement expressive que même s'il
n'avait pas cette stature qu'il avait, il ne pouvait pas passer
inaperçu à cause d'une sorte d'intensité d'expression. C'était
une sorte de monument déjà tout fait. Il était en bronze tout
vivant.
Elsa
Triolet - Les
heures chaudes de Montparnasse
ORTF
- 1963
Quelque chose brûle - Thomas Vinau
![]() |
| krrr. |
Dans la blancheur informe
de la brume
les arbres sont comme
des bouffées de fumée
grises
et lourdes
soufflées par les naseaux
de la terre couchée
Quelque chose brûle
sans chaleur ni lumière
Nous avançons coriaces
mutiques
le pas lourd
de noirceur trempée
en jetant des mots secs
pour nourrir les corbeaux
Nous sommes nos propres lueurs
Nous sommes nos astres
et nos désastres
Nous n'allons nulle part
nous mettrons le temps qu'il faut
de la brume
les arbres sont comme
des bouffées de fumée
grises
et lourdes
soufflées par les naseaux
de la terre couchée
Quelque chose brûle
sans chaleur ni lumière
Nous avançons coriaces
mutiques
le pas lourd
de noirceur trempée
en jetant des mots secs
pour nourrir les corbeaux
Nous sommes nos propres lueurs
Nous sommes nos astres
et nos désastres
Nous n'allons nulle part
nous mettrons le temps qu'il faut
la voie du samouraï - Jim Jarmush // Vladimir Maïakovski
Jim Jarmush, Robby Müller, Jay Rabinowitz, Ted Berner, John A. Dunn, Forest Whitaker, John Tormey, Cliff Gorman, Tricia Vessey, Henry Silva, Richard Portnow, Isaach de Bankolé, Camille Winbush, Damon Whitaker, Gary Farmer, Frank Minucci, Frank Adonis, Victor Argo, Tony Rigo, Alfred Nittoli, RZA.
Un sabre surgit parfois dans le noir de ma nuit
Fendu mon crâne
Fendue ma boucheFendu mon ventre **
** Vladimir Maïakovski
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Vladimir Maïakovski
MAE - Céline Minard // Pénélope la MétaKronik // Scomparo
Le singe était debout devant moi. À
genoux sur un replat de la roche, j'écoutais le lever du soleil qui
faisait craquer le bois dans mon dos, et les pattes sèches des
oiseaux parmi les graviers. La pierre qui supportait mon poids était
plane et dure jusqu'à l'angle vertical qui plongeait directement
dans la vallée.
Le monstre qui se croyait encore sous
la protection de l'oubli des formes que la nuit dispense, se tenait
sur ses orteils devant moi, craché par la sombre trachée des
falaises, un bras dans la bouche.
Il avait passé des heures dans le
dernier village au pied de la montagne à dispenser ses grâces aux
hommes qui l'avaient accueilli avec des cris de surprise dont l'écho
avait grimpé la roche sur des doigts de plus en plus rapides et des
ongles cassés, avant de s'évanouir à mes oreilles.
De ceux qui m'avaient refusé la veille
au soir la paille du simple abri, il ne restait peut-être que ce
bras maigre détaché des passions de ce monde dans la gueule du
macaque plein de sang qui me faisait face. Ce membre absurde,
quelques flaques, quelques filets de sang et sans doute, sous un
plancher intact, une cassette de bois finement ornée au contenu
dérisoire.
Il se tenait à l'aplomb de la paroi
qu'il venait de franchir, les muscles chauds, frémissants, les crocs
plantés dans son morceau de viande, les narines palpitantes, un
instant arrêté dans l'intégralité de son mouvement – surpris
par ma simple présence.
Il n'était pas menaçant. Ses yeux
luisaient d'une excitation déclinante, sur le point de passer au
compte des souvenirs. Il était repu. La fatigue commençait à
l'atteindre. Mais par habitude et parce qu'il s'était trouvé face à
moi sur le sommet qu'il cherchait à atteindre mais que l'ascension
lui cachait, debout et non plus accroché, pesant sur le plan
brutalement inversé de la paroi, brièvement désorienté, il ne vit
pas qu'il pouvait se détourner et choisit de dérouler un pas dans
ma direction.
Le sabre sortit du fourreau sans que
j'eusse l'impression d'y porter la main.
La coupe horizontale, appuyée par mon
genou instantanément relevé, trancha son pied dans l'épaisseur et
fit s'envoler dans la lumière du jour nouveau, des esquifs de
fourrure vers la vallée.
La coupe verticale trancha son crâne
et son visage en deux parties égales, dédoublant le sourire
d'étonnement et les deux rangées de dents découvertes par le
rictus de la mort qu'il avait eu le loisir d'observer au cours de la
nuit et qu'il reprenait à son tour avec l'habileté caractéristique
de son espèce.
Une canine un peu faible se détacha
sous le choc et vint rouler sur la roche jusqu'au bord du gouffre où
elle s'arrêta. J'entendis au travers du mince bouillonnement du sang
versé, le tintement de cette perle contre la pierre, comme dans une
alcôve un collier brisé, suivi du sifflement de fouet de mon sabre
essoré dans l'espace.
Les dernières éclaboussures saluèrent
avec moi l'éclat du jour que j'accueillis dans les formes, les pieds
joints, les épaules tombées, les genoux fléchis. Sabre au fourreau
dans la ceinture.
Céline
Minard – KA TA
piolet mexicain - Jean-Bernard Pouy
RADIO CINQUIÈME INTERNATIONALE
COMMUNIQUÉ
Allô ! Allô ! Groupes de
la Lune Folle ! La R.C.I. vous ouvre les veines vénéneuses de
l'information crashante ! La Radio des années merdeuses ! Sang
Noir de Bakounine, groupe sombre entre tous lance un défi à Piolet
Mexicain, en le traitant de… Nous ne vous le dirons pas, car cela
est trop beau ! Les ambiances de mort se font et se défont
vite ! Et un petit nouveau dans la masse des gangs qui
ralentissent la vitesse de rotation de la Terre, les Artefacts.
Longue vie à ces robots de l'inconscient !
Pourquoi le docteur n'a pas de
visage ?
Heureux de vous rencontrer !
Espérons que vous devinez mon nom !
En avant ! Groupes de la Lune
Folle !
Sympathy for the devil !
Jean-Bernard Pouy - Spinoza encule Hegel
canaille/revolver - 1994
Lucien Suel : reader's digest.
épiderme drei - Mike Mathes
C'est
bon pour la santé !
Tableau idyllique : innocence
consommée, accouplement
béni, le bébé à naître.
Elle commença à formuler des
projets : griller cigarette sur cigarette, rouler des cônes,
siroter cocktail...
Membres
endoloris, état semi-comateux, retenant un sanglot hypocrite, le
papa était
fou. Cette idée lui
était venue sans préambule : trouver un moyen de gagner pas
mal d'argent.
Cette
évolution finirait par s’imposer à tous ! Rouge,
vert, noir, blanc et aussi les bleus… le
filet chimique !
Tout est (bon) dans le SILO
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