die Zeit - Cosima Weiter




die Zeit
vergeht
le temps
passe
toujours
die Zeit
vergibt
le temps
oublie tout
while time
goes by
pendant que
le temps
passe
die Zeit
vergeht weiter
avec
le temps
c'est
toujours
immer
et never
pour
toujours
immer
nevermore
maintenant
c'est
toujours
too late
zu spät
forever
et jamais
pour toujours
en attendant
on passe
le temps
tout
le temps
as time
goes by
on attend
die ganze zeit
on fait
comme si
sag
niemals nie
on avait
but time
goes
bye

Les filles à l'intérieur # 4 (extrait écrit en cours) - Muriel Modély


Amy Friend - Dare alla luce, My sister, 2012


les filles encloses
s’excitent

sur le bleu de ta cuisse
pressent, polissent

trente deux perles rondes
blanches bien aiguisées

elles grattent, sculptent
des tatouages, des mots  

trente deux perles blondes
qui crissent sur la peau

il fait froid, l’hiver 
enfonce ses couteaux

elles vont vite, la nuit
le vent écarte ton manteau

voilà
(regards furtifs)
la danse de ta cuisse

la peau grenue orange 
sous l’œil 
qui plisse
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Monter - Arno Schmidt


L'enfance d'Ivan - Andréi Tarkovski


Un bruissement au-dessus de ma tête
Il avait l'air pressé : " Tu vis donc encore ? " demanda-t-il. Je lui lançai un regard résolu, fatigué. " M'envoler ", voulais-je. De dessous sa barbe d'argent il me fit un signe solennel. Puis il se pencha sur moi, un peu hésitant, et me dit avec compassion : " Mais il faut que tu viennes tout seul -! " ; il franchit la place, se planta à l'angle du rocher et attendit. Impénétrable. -
Je voulus soulever mes doigts ; ils ne bougeaient pas. Mes pieds : je ne les sentais pas. Haletant, je rassemblai toute ma volonté ; des étoiles se levèrent, nageuses argentées dans la mer du soir, qui plongeaient, voguaient, bienheureuses. Fraîches. Ma main droite s'arracha du sol et se plaqua sur ma poitrine secouée de râles ; ma main gauche heurta mes genoux qui résonnèrent comme une pierre creuse. La cruche : gueule d'urne s'inclina vers moi, murmura. Je bus. Bus. (Hommes de boue et d'argile ; en moi glace et feu sont mêlés -) Il me fit signe avec bienveillance, roucoula. Je me sens monter...

Arno Schmidt - Enthymésis ou C.J.V.H. - 1949
Traduction Claude Riehl, in Léviathan - Christian Bourgois Editeur - 1998 - p. 126

Bourriner - Armée Noire // Dizzy Gillespie


Dizzy Gillespie

C'est ici

Sombre Ducasse (version justifiée) 13 - Lucien Suel


Calendrier de L'Impossible


jui
brrrrrrr store en bois wa wa wa wa wa
wa wa j'ai rare ment lu quelque chose
d'aussi intéressant le laboratoire de
l'analo différent surgi l su l su est
écrit vain lüger au poing l'érésypèle
vert pire rose ô ô ô ô et c'est toute
aoû
la différence avec celui qui prend le
pari pour train prenez lisez les mots
ci-dessus 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 nonante
oui pour cent des français interrogés
et c'est là une noue vêle écriture la
chose dernière pour les enfouacés des
stylos Castro Ernesto Castro ernestol
sep
castrol durée infinie car moi ne lave
les dents de personne alévourabié yes
krieg deux mégatonnes mon vent tourne
sur vous oh ossidents occis dentaires
pharmaciens du néant l'écrivain a une
fonction ou joue son rôle répondez CG
ne répond plus dans le match sondages
oct
sous fresques accept questions quatre
vin pour sang chez francs c'est qu'on
interrogea gare garde à vous sous les
fenêtres section locale endormie sous
les algoliens contrôle total en ordre
appesantissez les only parkmaîtres de
l'esprit une fois déjà ouï déjà resté

nov
digitalement vôtre abîme reste restez
restez rrr rrr rrr rrr rrralévourabié
alé vourabié sinistres pandores de la
pharmacopée sousmondialiste chut chut
se tordre se tordre sssssssssssssssss
ssssssssssssss ssssss teknik ubu boro
piknik rata susu toto kiknek bubu oro

dec
nunu coco bouknik biknik papa praktik
toutou caca tutu lolo peknik hahah lu
cucu lolo kakik zaza serpents sur les
suce-tripes et navets his-t-en boules
constant tinette blouc blouc pupu ils
viennent d'écouter oui oui ô la vingt
vingt-troisième prédic(a)tion oui oui
de nos trous d'anus dormez je le veux

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Digging in the dirt - La maison des vaches




Feuilles moites, tourbe en mou, arbres à cru, le jardin foutu à nu d’hiver drapé brume en banc, partout ça dégoutte, nuages de souffle, givre sourdine, latente humidité, sons liquides, timbre zingué de seau d’eaux profondes, sombrer en bourbe, orgie lombric enfiler tous les trous, en force fouiller l’humus, fouailler la mousse, s’étreindre au sol, forage de conduits, couler en glaise, glissé à fond des orifices, envahir le terreau, humer, pomper, absorber, digérer, excréter, grouiller, composter, sécréter, épaissir la semence.
En vie sous terre, niché cloaque, affalé à la fange affronter la souille, s’effondrer en fondrière, débauché dans la bauge tremper poisseux limon, dans la boue, dans la bouse, succion ventouse à la chair extrême des tiges nouées, vapeur lait pale aux replis de l’écorce, brouillard entoilé, herbes liens alourdis, encordage de ronces, accrochages épineux, arc-boutants bandés de branches chues, écartèlements de troncs fendus, crevasses charnues de fourche, la sève en rémittence.
Retenir, patience, souffrir l’attente, clôturer l’éclosion du devenir, barricader la zone à défendre, serrer les friches, s’évader à la fraîche, effacé des frondaisons gommer les différents, se fondre en mêlée, pousser après introduction, abouté en boucle fusionner l’effusion, germination latente, endurcir la pousse, feuilleter les bourgeons, détremper le pampre, prémisse de chatons en pollen à venir au ventre des ornières, étirer les boutons, s’échauffer en décembre…

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Moue de veau - Armée Noire / Françoise Lonquety



Haiku noir - 8 janvier - Moue de veau



Clinique des tilleuls -

collés dans le cahier jaune

des sourires de veaux

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Pamphlet contre la mort - Robert Desnos



Le Corbillard - Daniel Blaise

Le corps de Louise Lame fut placé dans un cercueil et le cercueil sur un corbillard. La voiture ridicule prit le chemin du cimetière Montparnasse. Fleuve traversé, maisons longées, arrêts des tramways devant le cortège, coups de chapeau des passants, différences de vitesses du convoi, ce qui fait que l’assistance se heurte ou s’essaime, conversation des croque-morts…
1er croque-mort. — Il y avait dans mon pays une grande maison. Celui et celle qui l’habitaient pouvaient à loisir faire cueillir des fleurs sur toute la campagne avoisinante tant la maison donnait un privilège certain à ses habitants. Mais eux, la vague et le socle des statues se soucient davantage l’une du sel qui s’amasse en cônes dans les marais artificiels, l’autre du pigeon voyageur qui passe dans le ciel avec une lettre d’amour sous l’aile. « Ma chère Mathilde, les grandes loutres du pays polaire et les loups chaudement fourrés viennent se jeter à la gueule de nos carabines quand je prononce ton nom. J’ai trouvé en pleine steppe un calvaire. Le Christ quand je l’ai touché s’est effrité comme un vieux mammouth congelé et les chiens de mon traîneau l’ont dévoré. Et ils ne s’étaient pas confessés. Mais il n’y a pas de confesseurs pour chiens. Ils étaient à jeun. Ma chère petite Mathilde, ton amant, ton amant… », qu’eux ne se souciaient des fleurs. Ils creusaient un grand souterrain sous leur demeure et voulaient atteindre la mer en se frayant ce passage, soigneusement étayé, à travers le terreau mou, les couches calcaires, les débris fossiles, les cavernes souterraines, cavernes souvent traversées par un ruisselet pur, hérissées de stalactites et de stalagmites, parfois illustrées de dessins préhistoriques ou encombrées d’ossements difficilement identifiables, sans craindre la nuit parfaite du sous-sol ni l’ensevelissement prématuré. Ils atteignirent la mer après six ans d’efforts. Le flot jaillit avec la lumière et les noya. Un geyser salé qui monte de la maison abandonnée est la seule trace de cette aventure.
2e croque-mort. — Le moulin à café ronronnait dans les mains de la cuisinière. Puis dans le silence du verger ce fut le cri pathétique et soudain du concierge : « Madame se meurt ! Madame est morte ! » La pauvre femme était morte en effet, et luxueusement : oreiller de carottes et linceul de fleurs de pêcher. Et depuis, dans la maison en deuil, jamais n’a cessé de retentir le ronronnement du moulin à café dans les mains rudes de l’invisible cuisinière en tablier bleu et jamais ne sont passés impunément devant les fenêtres closes l’amant sans témérité et le prêtre de mauvais augure.
3e croque-mort. — Quand il eut été augmenté, le Juif errant acheta une bicyclette. Il passait sur les routes, de préférence celles qui suivent la cime des collines, et le soleil projetait en les agrandissant les roues du vélocipède en cercles d’ombres mouvants qui traînaient sinistrement sur les champs et sur les hameaux. Des places calmes sont nées de son passage. Le signal du chemin de fer se meut lentement. Une bergère lointaine, à l’heure du crépuscule, relève sa jupe large plus haut que les seins et s’expose au bord de la route à la surprise du touriste problématique. Le Juif errant, tenez, le voilà qui passe, place de l’Opéra.
4e croque-mort. — Deux arbres s’étreignent en secret, une nuit Au petit jour, ils regagnent chacun le territoire restreint attribué à leurs racines et, peu de temps après, un chasseur s’arrête, étonné, devant la trace de leur déplacement. Il rêve à l’animal fabuleux qui, selon lui, en est l’auteur Il charge soigneusement son fusil et, toute la journée, arpente la contrée. Il ne tue qu’un corbeau qu’il ne se donne même pas la peine de ramasser. Au soir tombé, le corbeau reprend ses esprits. Il monte haut dans l’air, étend ses ailes. Le lendemain est jour de brouillard avec un soleil rouge comme une tomate au travers ; le surlendemain, jour de brouillard avec au travers un soleil comme un jaune d’œuf pâle étalé et ainsi de suite durant trois mois jusqu’à la nuit perpétuelle. Les paysans mettent le feu à la forêt pour s’éclairer. Des nuées de corbeaux s’envolent. Le lendemain, grand jour, mais un petit tas de braise là où furent les deux arbres, trente-trois petits corbeaux dans les champs labourés, deux ailes gris pâle dans le dos du chasseur. Deux ailes qui foncent chaque soir et s’éclaircissent de moins en moins à chaque lever de soleil. À la fin, il est l’archange d’ébène et son fusil terrorise les méchants. Puis, un chaud midi, les ailes se mettent à battre sans qu’il le veuille. Elles l’emportent très haut, très loin. Nul depuis, dans son pays natal, ne grave d’initiale au tronc des vieux chênes.
Le convoi suivait une avenue quand le quatrième croque-mort termina son histoire.
Qu’il aille donc au diable le corbillard de Louise Lame, et le corps de Louise Lame et son cercueil et les gens qui se découvrent et ceux qui suivent. Que m’importe à moi cette carcasse immonde et ce défilé de carnaval. Il n’est pas de jour où l’image ridicule de la mort n’intervienne dans le décor mobile de mes rêves. Elle ne me touche guère, la mort matérielle, car je vis dans l’éternité.
L’éternité, voilà le théâtre somptueux où la liberté et l’amour se heurtent pour ma possession. L’éternité comme une immense coquille d’œuf m’entoure de tous côtés et voici que la liberté, belle lionne, se métamorphose à son gré. La voici, tempête conventionnelle sous des nuages immobiles. La voici, femme virile coiffée du bonnet phrygien, aux tribunes de la Convention et à la terrasse des Feuillants. Mais déjà femme est-ce encore elle cette merveilleuse, encore ce mot prédestiné dans l’olympe de mes nuits, femme flexible et séduite et déjà l’amour ? L’amour avec ses seins rudes et sa gorge froide. L’amour avec ses bras emprisonneurs, l’amour avec ses veillées mouvementées, à deux, sur un lit tendu de dentelles.
Je ne saurais choisir, sinon que demeurer ici sous la coupole translucide de l’éternité.
Le caveau de famille se dresse à ras de terre à l’ombre du tombeau de Dumont d’Urville. Et croyez- vous que le monument funéraire de ce dernier, beau cône rouge brique évocateur d’Océanies, me retienne à ce terrain meublé où la plupart bornent leur destinée. Pas plus que l’océan, pas plus que le désert, pas plus que les glaciers, les murs du cimetière n’assignent de limites à mon existence tout imaginaire. Et cette matérielle figure, le squelette des danses macabres, peut frapper s’il lui plaît à ma fenêtre et pénétrer dans ma chambre. Elle trouvera un champion robuste qui se rira de son étreinte. Faiseurs d’épitaphes, marbriers, orateurs funèbres, marchands de couronnes, toute votre engeance funéraire est impuissante à briser le vol souverain de ma vie projetée, sans raison et sans but, plus loin que les fins de mondes, les Josaphat’s Kermesses et les biographies. Le corbillard le Louise Lame peut poursuivre dans Paris un chemin sans accidents, je ne le saluerai point au passage. Au rendez-vous demain avec Louise Lame et rien ne peut m’empêcher de m’y rendre. Elle y viendra. Pâle peut-être sous une couronne de clématites, mais réelle et tangible et soumise à ma volonté.
La destinée ne démentit pas mon espoir.
Louise Lame morte vint me rejoindre et nul parmi ceux que nous rencontrâmes ne put remarquer le changement qui s’était effectué en elle. À peine une odeur de tombeau se mêlait-elle à l’ambre dont elle était parfumée, odeur de tombeau que je connais bien pour l’avoir respirée maintes fois à ras des draps fatigués par des plis nombreux, vus au petit jour comme les flots contradictoires et figés d’une marée matinale ou plutôt, en raison des ondes contraires déterminées par le froissement des membres aux vestiges d’un corps lancé dans un liquide, par exemple un homme dans un fleuve, avec si bon vous semble une pierre au cou : des ronds concentriques. Car tout prête à l’évocation de la mort. Depuis les bouteilles, corps humains enterrés depuis les beaux jours du sphinx dans les bandelettes balsamiques des Égyptiens jusqu’au porte-plume qui, s’il est noir, est un corbeau volant si vite qu’il se transforme en une ligne mince pour se heurter au coq de l’église, la plume, dominant le cimetière des mots écrits et qui achèvent de se dessécher sur le marbre blanc du papier. S’il est rouge, c’est la flamme matérielle d’un enfer de chromo ou celle idéale du four crématoire. Le chapeau, c’est l’auréole des saints ou les couronnes du dernier jour quand les rois n’ayant pas obéi au signal de l’étoile vont en sens inverse demander à la terre ce qui appartient à l’âme avec leurs symboles dérisoires : diadèmes de porcelaine, casques de perles artificielles et de fil de fer et les mille regrets et les à mon amant en place de valets de pied.
Et de même, la bouteille, n’est-ce pas la femme érigée toute droite au moment du spasme, et le rêveur insensible dans le vent et le téton pour la bouche de l’amant et le phallus. Et le porte-plume aussi, obscène et symbolique dans la main du poète, et le chapeau fendu comme un sexe ou rond comme une croupe. Toutes ces images opèrent un nivellement dans l’esprit. Tous ces éléments comparables à un même accessoire ne sont-ils pas égaux ? la mort à la vie et à l’amour comme le jour à la nuit. Passe-passe, éternel ressort des mathématiques et des métaphysiques ! Il n’est rien qui ne puisse se démentir et je méprise vraiment ceux qui restent entre les deux pôles brûlants de la pensée sur l’équateur froid du scepticisme. Lieux communs qui heurtent les croyances les plus élevées, par quel abus de confiance s’autorise-t-on de vous pour vivre à petites gorgées ? Alors que par le vent stupide qui vous anime il fait si bon se laisser emporter.
Mon esprit lui est soumis comme au fusil la balle. Qu’ils me font rire ceux qui prétendent faire autre chose dans cette tempête que des gestes désespérés de moulins à vent, des contorsions de cerfs-volants, des mouvements arbitraires d’ailes, ceux qui se prétendent timoniers capables d’aller au port, ceux pour qui doute n’est pas synonyme d’inquiétude, ceux qui sourient finement !
Le but ? Mais c’est le vent même, la tempête et quel que soit le paysage qu’ils bouleversent, ne sont-ils intangibles et logiques ?
Ce sont les hommes qui sont imbéciles, ayant basé les voiles des navires sur le même principe que la tornade, de trouver le naufrage moins logique que la navigation.
Que je les méprise ceux qui ignorent jusqu’à l’existence du vent.
Mieux vaut le nier tout en restant son jouet.
— Mais la mort ?
— C’est bon pour vous.

In :  La Liberté ou l'Amour

Et qu'un jour, - Laurence Vielle


Clarence Saunders Le premier Piggly Wiggly ouvert en 1916 à Memphis

Un jour, nous aurions nos maisons légères comme des plumes
nous habiterions un tipi sur la petite place du quartier
Ils décidèrent de se déplacer
au gré des cueillettes, du passage du GIBIER
mais pas de baies dans la ville
Gratter la terre ? impossible,
tout est PAVE
et puis tout est propriété PRIVEE
la terre appartient à des PARTICULIERS
Si je veux cueillir les pommes, là où il y a des pommes, IMPOSSIBLE,
ce ne sont pas MES
pommes
Notre seule propriété
ce sont les SUPERMARCHES
où nous cueillons sous cellophane
ce qui remplira nos ventres
et c'est CHER
adieu la vie légère

In Gare Maritime 2006 - Maison de la Poésie de Nantes

Voici le jour - Caroline Sagot Duvauroux


Eadweard Muybridge


1.

Quoi ( ?) se trouve sous le sabot d’un cheval qui se trouve justement sous le sabot du cheval et peut-être tout simplement sous le sabot dangereusement ferré du cheval sous la blessure de la jambe du cheval de Vesaas près de la barque tardive qui suffit bien oui mais voilà

Quoi se trouve justement sous le sabot du cheval où ça ne se trouve pas mais plus loin que ça peut-être car c’est plus loin qu’on regarde que ça et plus loin c’est aussi sous le sabot du cheval puisque ça ne s’y trouve pas qu’on ne veut pas de ça mais on voudrait bien le cheval avec ses yeux doux et profonds et plus loin sous son sabot

Et voilà qu’un jour trois becs vous regardent

Il faut faire de sa soumission un triomphe de la parole on le sent une parole triomphant de l’ordre Dire regardez-vous dans ma soumission et les échelles tomberont de leurs valeurs mais mieux serait de trouver sous le sabot du cheval le conte d’un autre pays où toutes les femmes seraient soumises et prostituées et vendues et mères de l’enfant du pays suivant qui raconterait toutes mes mères furent vendues et misérables et soumises avant qu’on ne trouve sous le sabot du cheval plus loin que ça sous le sabot de votre cheval mieux traité que toutes les mères de ce pays d’à côté et mieux traitant pour elles les achevant sous son sabot achevant leur silence sous son sabot dans sa blessure et ses yeux pensants

Et voilà qu’un œil bleu liquide pousse au visage de pierre à l’aplomb des trois becs

Le cheval va si vite qu’on ne peut rien trouver sous son sabot mais on le voit qui encercle l’horizon grâce à l’œil du visage de pierre on le voit et l’horizon sous ses sabots on le voit serait-ce l’horizon que l’on cherchait à voir alors allons-y Il est un peu tard mais c’est encore marcher porter les soumissions honteuses comme des offrandes et les asservissements honteux comme des offrandes et dans l’amitié du cheval nous ferons peau neuve élastique d’avoir vu l’horizon Car c’est bien la vitesse du cheval s’éloignant qui nous a rapproché l’horizon c’est bien la vitesse qu’on a trouvé avec l’horizon sous le sabot du cheval on ne s’en doutait pourtant pas On dit cours mon beau cheval fou plus loin que les hommes on reste avec ça et la vitesse et l’horizon Toi tu échappes tes sabots de ça pour fabriquer l’horizon On regarde dans l’œil liquide du visage de pierre que voit-il on ne se voit pas on voit des nuages qui galopent en rond dans son œil c’est incroyable cet œil bleu qui vous regarde en paissant ses nuages

Et voilà qu’on pourrait boire une vision

Il a vu les soumissions et toutes les mères vendues et les cris que préparaient leurs filles et la honte des garçons et les nouveaux marchés où garçons et filles libres s’échangeaient librement après avoir appris difficilement à se vendre il a vu les filles et les garçons fiers de se vendre sans qu’on les y oblige la vue l’a pétrifié dans son basculement vers le ciel et son œil liquide et bleu ne peut plus voir aussi près que le monde des hommes voit le lointain récolter les nuages et le cheval fou avec loin sous ses sabots Mais un secret verse l’eau de son œil dans l’eau de mon œil avec les nuages

Et voici qu’on est l’œil de l’aigle

La princesse a la bouche rouge au couchant voici qu’on est l’enfant tout en bas qui voit dans l’œil de l’aigle la bouche rouge de la dame au couchant La bouche plane beaucoup de choses planent

Et voici la nuit
Et voilà que tout vacille
Et voilà qu’une se lève pour entonner ses images dans la nuit
Et voilà qu’en moi tout vacille


L’amitié se mélange à d’autres choses cruelles et vagues On n’est pas fier on ne tremble pas non plus on a perdu le pas suivant La confiance dort sûrement quelque part perdue C’est affolant de ne pas trouver l’histoire de n’être plus qu’une force affolée sans trajet Une force d’arrachement égarée entre les constellations dans un saisissement sans chant c’est si souvent esclave de la chose entière sans direction passionné d’effroi on ne s’endort pas on se fige dans la nuit On ouvre les yeux formidablement on brasse la nuit sur l’eau de l’œil On est un cheval nocturne et pensif dans la profondeur de la nuit On est la pensée hantée de sa bêtise dans l’oeil hébété du cheval On a perdu pour toujours l’horizon et le galop Celle qui se lève loin d’ici l’a peut-être attrapé On ne s’endort plus jamais On se partage et on craint On ne hurle pas parce que la nuit emplit la bouche ou qu’on tente encore de ne pas crier dans la langue du cri On sait très bien que ça vient Tout plane depuis si longtemps On ne veut pas écrire dans la langue d’un enfant on veut marteler sonner cuivrer le chahut tendre l’arc à la parole et s’occuper de vérité mais seule la langue d’enfance apprivoise encore le vacillement On a blessé quelqu’un qui vous regarde blessé on ment comme un enfant on dit j’ai touché la forêt profonde on est resté dans la clairière près de la maison du potier On habite le frisson on est en prison du frisson sans même les barreaux à scier si loin de la parole claire Dieu qu’on a peur À toute allure quelque chose dans la tête cherche partout dans une porte On voit de la lumière mais elle bondit trop vite Dieu qu’on a peur dans l’ombre qui grandit sur l’herbe affolée Si au moins la lâcheté n’était pas un péché S’il s’avérait qu’un son très pur s’élève de cette fange et dire
Mon bien-aimé voilà que mon bien-aimé


               mais je ne me souviens plus

Et voici que la nuit s’achève
Et voilà qu’une s’endort
Et voilà qu’en moi tout vacille


2.

L’écriture peut-elle dans l’absence du conte transformer puis résoudre ? Transfigurée après que rejetée de trois fois neuf pays peut-elle convertir ses métamorphoses et raconter encore ?
Nu seul et raconter
Coincé entre les pierres du torrent asséché raconter parmi les têtes qui roulent et cognent aux parois raconter Se taire et raconter peut-on ? On sent que oui Participer du moins au ramdam des cailloux d’avalanche et du vent on sent qu’on peut
Ce n’est plus la foudre et c’est aussi soudain c’est la pluie On déchire ses habits On est un jeune garçon nu sous la pluie avec une cravate et une petite tête C’est impressionnant On ne regarde surtout pas les autres qui vous regardent Le cœur emplit toute sa cage même un peu plus On n’est pas loin des ornières On est tout de même un homme sur l’à pic de l’ornière


On a enfoui dans une abstraction un papier déchiré avec un grand désir grondant un vrombissement On ne peut pas faire plus pour le moment un papier déchiré avec quelques mots dans le genre nu seul muet ornière Dans le vrombissement du torrent

Et voici qu’un hiatus fend le monde Muet

Alors furieux on souhaite que l’écriture s’endurcisse et cogne comme les têtes coupées dans le lit froissé du torrent A-t-on laissé fuir le chemin en le poursuivant ? On y laisse ses pieds pour la cadence Le reste part très loin rattraper le chemin avec les branches qui emmêlent le ciel qu’il faut démêler pour y confier sa poitrine et sa joie de poitrine Si on est une fille ce jour-là la poitrine importe Deux îles au large des côtes maigres si on est maigre Il faudra que celui qu’on attend rejoigne les îles pour la rémission du sortilège Ou pour le sortilège on ne sait plus Pour l’instant il est caché dans la corneille prophétique et les rameaux s’emmêlent aux drapeaux Noé ! Tristan ! On démêle ça oblige à tailler à équarrir Les adjectifs tombent Les virgules tombent On ébousine les verbes de leur jolies gangues d’adverbes Qu’est-ce que ça donne ?

Nu celui nu

             mais je ne me souviens plus pourquoi


On voudrait ne pas en rester là On voudrait revenir avant là Il faut trouver une nouvelle première chose On ne peut pas tricher hélas Va pour hélas Les mots durs les rognons de silex et puis hélas le calcaire poreux qu’est-ce que ça donne ?


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah Nu


On ne veut pas que les parties tendres disparaissent des géologies On ne veut pas marcher sur la mâchoire prognathe d’un salut militaire On préfère le travertin des sources à l’asseau de granit


Mais les oiseaux de complainte à la limite du malheur à l’extrémité de la terre Baal les a déchirés Qu’est-ce que ça donne ?


Seul


À la fin on rencontrera bien quelqu’un À la fin on prononcera bien un premier mot pour quelqu’un et ce sera la fin Bonjour ou bonsoir si c’est le soir Ou ‘jour si on est essoufflé d’avoir abattu les adjectifs Ou Morgen’ si on est étranger Ou jo napot si on a suivi l’aigle Turul jusqu’au soleil Ého soleil !
On fera partie du chant de la montagne On fera partie de quelque chose On aura converti le chant de la montagne avec salut par exemple et tout son corps maigre stoppé par la parole dans la caillasse Et le corps de l’autre qui ne serait pas un rêve d’autre mais un vrai autre stoppé par la parole sur le rocher en contre haut changeant complètement l’horizon Là véritablement chose première métamorphosant le profil rongé d’horizon Et voilà que c’est ainsi dirait-on Jo napot


Et le vol volera

Extrait de Köszönöm - Ed. José Corti
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Etiennes-Jules MAREY - Vol de cigogne 1890
 

Les bergers - Laura Vazquez


Haïti - galettes de terre cuite

Aujourd’hui c’est la fête particulière de la terre qui se mange avec des racines rouges et amères. Tu ne cours pas le moindre risque si la terre rentre par tes oreilles c’est bien. C’est bien pour une occasion particulière, une fête rouge, si tu cours tu ne rentres pas, aujourd’hui. Chama Chamacha Chamé le rouge de la terre il dit que c’est une distance des choses et de l’Homme, l’Homme et toutes les choses, au jardin sur la terre, Chama le Chacha Chamé il dit que l’occasion rentre et qu’elle court, alors l’Homme mange de la terre et ses dents minuscules se tâchent jusqu’aux oreilles, et c’est une distance. C’est une occasion comme une autre de passer près de toutes les choses. Quand tu seras enfin tranquille, au jardin qui se tâche au très près, aujourd’hui Chama Chachacha le loup viendra pour parler de tous les hommes. Tu courras dans la terre, mais quand seras-tu enfin tranquille ? Entièrement blanc, entièrement projeté, entièrement projeté sur toi ?

Les Pourpleurer. Exercice II - Amandine André


Jean-François Castell - Les Films du Rocher


On aurait pleuré. Oui. Tant cela n’était fait que pour pleurer. Fallait-il pleurer ? Tout cela n’était fait que pour pleurer. On en aurait pleuré. Oui. Tant cela n’était fait que pour pleurer. Pour pleurer seulement. Pour en pleurer il aurait fallu que tout ait été fait pour pleurer. Pour pleurer tant cela était fait pour. Pleurer qu’il n’y aurait eu rien d’autre que cela tant cela était fait pour. Tant cela n’était qu’à pleurer. Seulement. Tout y portait. Oui. Tout portait à ce que cela ne soit fait que pour pleurer. Cela n’aura pas été fait autrement pour que tout y porte. Que tout porte à pleurer. Tant cela n’a jamais été fait que pour pleurer. Et que pleurer c’était le faire seul. Oui. On en aurait pleuré. On l’aurait peut-être bien fait. On l’aurait fait avec tout ce qui porte à pleurer. Avec le fait que c’est à pleurer seulement qu’on pleure. Oui. On aurait pleuré. Il aurait fallu pleurer. Oui. Tout cela n’était fait que pour qu’on en pleure et qu’on en pleure mal. C’était à pleurer. C’était à en pleurer tellement qu’on en aurait pleuré. Et on aura pleuré. Tant cela n’était fait que pour pleurer. On en aurait pleuré de pleurer. On en aurait pleuré cela n’aurait pas été suffisant à faire qu’on pleure. Tant cela n’aura jamais été. Qu’on pleure et qu’on pleure mal. Tout cela n’est pas fait pour qu’on pleure. Les pleurs sont trop petits tout cela n’est que trop petit tout cela est trop fait pour qu’on en pleure. Jamais on n’aura pleuré. Il aura fallu beaucoup pleurer pour que pleurer ne soit plus fait pour. Mais on n’aura jamais fait que pleurer soit à pleurer. On n’aura jamais fait pour que pleurer ne soit que pleurer. Qu’il n’y ait rien d’autre que pleurer. Que pleurer soit tout. C’est à pleurer. Oui. C’est à pleurer qu’on y arrive si peu. Si mal. Pas du tout. On n’aura pas du tout pleuré. On en aurait pleuré. On aurait été ensemble. Ensemble est à pleurer. Oui. On aura été ensemble que pour pleurer. On aura été ensemble pour que pleurer soit encore pleurer. Ensemble presque à pleurer. Tant cela était fait pour qu’on pleure ensemble pour que pleurer ressemblât à quelque chose. À quelque chose qui ferait qu’on soit ensemble et qu’il n’y ait pas ce quelque chose sans en pleurer. Oui. Tant cela était fait pour. Tant cela n’a jamais été fait que pour que nous soyons ensemble. Presque. Pour qu’à la fin on pleure d’être ensemble. On aura été ensemble. Non. On aurait été ensemble qu’il aurait fallu bien faire en sorte d’y être. On n’aura été ensemble que pour ne jamais y être. Finalement. Que pour n’y être jamais. Que pour n’avoir jamais su y être. Que pour n’avoir pas su être ensemble. Finalement. Tant cela était fait pour ne pas se pouvoir. Finalement. Tant cela n’a jamais pu être autre chose que mal. C’était mal qu’on aura été ensemble. C’est-à-dire, qu’on aura été ensemble pas autrement que mal. Assez peu. Finalement. Pas assez. Qu’ensemble mal. Et on en aurait pleuré. Oui. C’était à pleurer. Oui. On en aurait pleuré cela n’aurait pas fait autrement. Cela n’aurait pas fait autrement et cela n’aura pas été fait autrement qu’ensemble restât si peu. Ensemble est parfois si peu de chose. Cela n’aura pas fait autrement qu’on ne soit, finalement, jamais. Ensemble. Et qu’ensemble. C’est encore ensemble. Quand bien même. C’est encore ensemble qu’ensemble se fit si mal. Si peu. Si modestement. Si lamentablement. Et qu’on ait été ensemble ne suffit plus à faire qu’on le fût. Finalement. Qu’on ait été ensemble ne maintient pas qu’on pourra encore l’être. Finalement, qu’à la fin on eut été ensemble n’aura jamais pu faire qu’on l’eut été autrement. On n’aura jamais été qu’autrement l’un avec l’autre. Que mal. Que moindre. Que pas assez. Que pas du tout. Tant cela était fait, tant cela était pourtant fait pour qu’on le fût autrement que mal. Autrement que moindre. Autrement que pas assez. Autrement que pas du tout. C’est entièrement qu’on aura été ensemble et on l’aura été insuffisamment. Qu’insuffisamment. C’est à pleurer et pleurer changerait-il ? Oui. Non. On aurait pleuré mais ceci ne prouve pas plus, et ne porte pas plus à dire, et ne porte pas plus à croire, on aura été ensemble en fin de compte. Finalement. C’est à pleurer. Finalement ne dit pas d’avantage qu’il aura fallu beaucoup compter pour en finir et que compter c’était déjà finir. Finalement, qu’ensemble tout porta à en finir. Qu’ensemble n’aura pas été autrement possible qu’en comptant. Que c’est en comptant que tout commença par finir. Que jusqu’aux larmes et aux pleurs on aura compté et on les aura comptés et pesés les larmes les pleurs pour qu’on en finisse d’être ensemble. Même si ensemble n’a été que moindre, que peu. Il n’y avait plus personne à vouloir que ce fut mal. Moindre. Peu. Pas assez. Mal encore. Quand bien même. Quand bien même il n’y aurait plus personne à le vouloir on aura été ensemble, finalement. Même seuls. Encore, seul c’était encore être ensemble parce que nous l’avions voulu parce que nous ne pouvions que le vouloir. Et nous avons beaucoup voulu. Seuls. Et pleurer donnerait-il le change à ce que nous avions été si mal si moindre si peu ensemble ? Que non. Et si cela donnait le change cela ne ferait pas moins qu’ensemble reste à venir. Finalement. Même mal, même de travers, même en boitant, ensemble reste à venir. Ce serait un bon début. Seulement, seulement on aura tout mal fait. On n’aura jamais su faire autrement que mal. Cela changerait-il ? Peut-être. On n’aura été ensemble que pour se séparer. Finalement. C’est séparé qu’on aura toujours voulu. Et tout cela ensemble. Tout cela pour que rien n’arrive. Pour que n’arrive que ce qui sépare de rien. On en n’aurait pas moins pleuré. Et on en n’aura pas moins pleuré que les autres. On en aura pas moins réussi ni plus réussi. Non. On en aura pas été plus excusé ni moins excusé. Mais on aura échoué à réussir et échoué à échouer. On aura été mal et mal à être et mal à pleurer. On aura été maladement pour toute chose parce qu’on n’a jamais pu faire autrement qu’être malade. Parce qu’on n’aurait pas pu faire autrement que de vouloir, même mal. Et ensemble encore. Seulement. On aura beaucoup pleuré. Oui.

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C'est un adieu dans le ciel - Déborah Heissler




C’est un adieu                           dans le ciel

  ce sont des fleurs, des  lam-
  beaux de feu, tandis  que le
  lointain  devient  plus  rose,
  plus doré, plus lumineux. Je
  rapporte des fruits sauvages.
  Maintenant, c’est la douceur
  qui   reprend,       tandis que
  l’écho présent est celui   des
  larmes.




  Combien de jours à présent,
  sur les branches nues avant
  la fleur et le fruit ?


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C'est mort - Charles Pennequin




c'est mort ici. ou presque. c'est quasi mort. on n'en a plus pour longtemps. ailleurs c'était moins mort. mais ici, si vous voulez sortir le soir, c'est mort. faut rester chez soi. mais même chez soi c'est mort. la télé est morte. vous sortez dans le télé. vous voulez passer un bonne soirée. mais c'est la télé qui veut passer une bonne soirée. du coup elle dit c'est mort ici. elle passe la soirée ailleurs. on sait pas où. certains savent où elle passe ses soirées la télé. pas chez moi en tout cas. chez moi c'est mort pour la télé. du coup je la regarde. je vois des gens sortir. ils disent qu'ils sortent mais c'est pour faire un effort. pour dire d'être sortis. puis après ils re-rentrent. y en a comme ça qui sont morts. de faire tant d'allées et venues pour rien. les experts vous le diront : ne sortez pas. surtout si c'est mort tout partout. pas d'allées et venues inutiles. restez chez vous, même si c'est mort. ils le disent tous les experts à la télé.

Pamphlet contre la mort - P.O.L

Du rouge pour être belle - Cécile Richard


Yves Klein, Monochrome rouge sans titre (coulée) (M 18), 1957


Du rouge pour être belle, du rouge pour faire sexuel, du rouge pour faire femme, des repas rouges pour faire femme, des tomates, le ketchup, les cerises, la viande saignante, les fraises, le coulis rouge, la confiture, le jus tomate, la sauce tomate, la tarte tomate, la soupe tomate, la couleur des joues rouge, le rouge santé, le rouge jupe, le rouge sous la jupe, l'actrice la robe rouge, rouge sexy, un stage d'une semaine couleur rouge, une semaine femme, une semaine sexy, sept jours sur sept de rouge sexe, un stage d'une semaine avec son cul rouge qui poisse, le cul qui frotte, la peau du cul contre la pierre, la peau du cul contre le bois qui râpe, la peau du cul par terre qui poisse, qui devient rouge, le rouge constant de la peau du cul du stage de sexe, une semaine de frottements avec rougeurs,une semaine de poisse au cul avec rougeurs sous jupe rouge, une semaine intensive de rougeurs de peau sur le cul.


In Gare Maritime 2012 - Maison de la Poésie de Nantes.

je tombe - Charles Pennequin


Pamphlet contre la mort- pp. 15-17 - P.O.L

 
 Petits arrangements avec la mort à partir du texte de Charles Pennequin et d'une photo de Jacques Witt.

Antoine Boute




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